Conditions climatiques : compte rendu du 24 juin 2026
Réunion ministérielle sur les conditions climatiques
Compte rendu du SNALC du 24 juin 2026
LE THÈME
Gestion de l’épisode de chaleur (3e réunion).
L’ESSENTIEL
Dernier état sur la situation et le suivi dans la cellule de crise à Matignon :
1) Doctrine arrêtée
Fermeture ciblée et aménagements d’horaires « lorsque c’est nécessaire ». Adaptation demandée pour les activités physiques et les sorties scolaires.
2) Examens
Toujours les mêmes possibilités d’adaptation sur les épreuves orales du bac .
Maintien de l’épreuve de français vendredi matin. Possibilité d’une pause supplémentaire entre les différentes composantes de l’épreuve. Possibilité pour les élèves de sortir. « Les conditions climatiques de vendredi sont de nature à permettre le maintien de l’épreuve ». Consignes de « souplesse » sur les corrections
LE SNALC A INSISTÉ SUR
- L’absence de cadrage national qui a créé et crée des disparités invraisemblables et des situations dangereuses. On a besoin de données chiffrées, de seuils, et pas de prise de décision locale sur des ressentis.
- Le choix invraisemblable de maintenir l’épreuve de français du brevet vendredi, après une semaine complète de canicule et des températures très élevées sur une partie du pays. La priorité annoncée sur la santé des élèves et des personnels ne se voit pas dans nos écoles et établissements.
- Les grandes difficultés pour les épreuves orales actuellement.
L’AVIS DU SNALC
La gestion de la canicule, à courte vue et aléatoire de par sa nature purement locale, ne permet pas de protéger la santé des élèves et des personnels.
Le maintien d’une épreuve écrite longue vendredi matin (qui se terminera après 12h, et même après 13h pour les élèves avec un tiers temps) est du pur délire.
Le ministère se défausse complètement sur l’échelon local, qui n’a pas la capacité d’une prise de décision éclairée.
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Gestion de la canicule : on va cuire candidats et surveillants pendant le brevet
Communiqué de presse du SNALC du 24 juin 2026
Le SNALC avait alerté le ministre dès samedi sur la question des épreuves écrites du brevet, notamment de l’épreuve de français de ce vendredi.
Cette épreuve se termine vers 12h, 13h pour les candidats disposant d’un tiers temps.
Alors que la canicule se prolonge tout au long de la semaine, avec de nombreuses régions où l’on annonce des températures entre 35 et 38°C jusqu’à vendredi inclus, sans possibilité de « rafraîchir » les établissements la nuit, le ministre maintient l’épreuve. La seule adaptation est de permettre davantage de temps de pause, faisant finir les candidats encore plus tard.
Pour le SNALC, cette décision est dangereuse. Alors qu’on avait été capable de reporter l’ensemble des épreuves de brevet en 2019 dans des conditions similaires, voire moins graves, on n’est pas capable de le refaire en 2026. Le SNALC a joué son rôle de lanceur d’alerte : le risque est maximal pour les candidats, comme pour les collègues.
La santé des personnels passe avant la surveillance d’une épreuve lors d’un examen.
Le SNALC recommande aux personnels vulnérables de se signaler et rappelle aux collègues, qu’ils soient dans les écoles, les collèges ou les lycées, de prendre toutes les dispositions nécessaires, notamment par des remontées précises via le registre santé et sécurité au travail (RSST).
Le SNALC rappelle que son préavis de grève couvre toute la période et qu’il peut être utilisé.
Santé menacée, droits en danger : le SNALC alerte !
Communiqué de presse du SNALC du 22 juin 2026
Le SNALC s’insurge contre le projet de décret présenté au conseil commun de la fonction publique le 18 juin, et dont la publication est prévue en catimini au milieu de l’été.
Non satisfait d’avoir déjà raboté de 10% l’indemnisation des arrêts maladie en 2025, le gouvernement poursuit sa saignée contre la santé des agents de la fonction publique. Ce projet est d’autant plus honteux que l’Éducation nationale est loin de remplir ses obligations d’employeur en matière de protection de la santé et de la sécurité de ses personnels. Fort de ses remontées de terrain confortées par des données objectives, le SNALC alerte depuis des années sur cette situation.
Face aux conséquences de l’explosion des risques psycho-sociaux et à la dégradation des conditions matérielles de travail, au lieu d’investir dans la santé et la sécurité des personnels, le gouvernement choisit de les sacrifier un peu plus en prévoyant :
- Un contrôle administratif (y compris à distance) des agents en arrêt maladie, sans garantie du respect du secret médical, et pouvant entraîner des sanctions;
- La diminution de la durée de prescription des congés de maladie de toute nature (CMO : un mois, deux mois pour les renouvellements ; CLM, CGM, CLD : autre décret non paru);
- L’instauration d’un délai de 30 jours pour la décision de mise en œuvre du temps partiel thérapeutique;
- La restriction des garanties offertes par les conseils médicaux (par exemple, la suppression de la possibilité de contester un avis conforme à celui de l’expert).
Ce décret, s’il est appliqué, va considérablement détériorer nos conditions de travail, alors même que s’accentue une crise d’attractivité sans précédent de nos métiers, mettant toujours plus en péril l’École, service public essentiel de notre société.
C’est pourquoi le SNALC ne peut que condamner ce projet et la politique désastreuse dans laquelle il s’insère. Nous appelons donc les autorités en place à mettre ce décret à sa juste place : la poubelle.
Cybersécurité à l’Éducation nationale : compte rendu du 19 juin 2026
Réunion ministérielle sur la cybersécurité à l’Éducation nationale
Compte rendu du SNALC du 19 juin 2026
Avec la participation de Sébastien HUAUMÉ, SNALC Orléans-Tours
LE THÈME
La cybersécurité à l’Éducation nationale.
L’ESSENTIEL
- Question des attaques dont le ministère fait l’objet. Hausse du nombre d’attaques, question des fuites de données : d’après l’ANSSI[1], l’Éducation nationale est le secteur public le plus attaqué.
- Retour sur ce qui s’est passé sur les Hauts-de-France et sur d’autres incidents.
- Importance des plaintes déposées à la CNIL.
- Présentation de la feuille de route interministérielle.
- Focus sur l’identification à deux facteurs.
- Calendrier de déploiement.
(1) Autorité nationale en matière de cybersécurité et de cyberdéfense en France
LE SNALC A INSISTÉ SUR
- Le renforcement attendu de la protection des accès à court terme (imposition de mots de passe robustes, déploiement généralisé de la double authentification,…).
- La nécessité absolue d’augmenter le niveau de compétences et de bonnes pratiques de tous les personnels en matière de cybervigilance (autant par la formation initiale que par la formation continue – personnels contractuels inclus – en prenant appui sur les dispositifs existants et en les développant sur ce volet précis).
- La mise en place d’audits techniques réguliers, pour anticiper les situations de crise plutôt que de « boucher les trous » a posteriori.
- L’accroissement de la résilience numérique : plans académiques / départementaux de continuité pédagogique « zéro internet », établis en concertation ; renforcement de la souveraineté numérique par le choix de solutions internes ou open-source ; renforcement du cadre juridique concernant notamment les opérateurs privés et les entreprises EdTech qui recueillent et gèrent un très grand nombre de données personnelles…
- L’impératif d’un budget transparent et suffisant, ne rognant pas sur les autres postes, et d’un dialogue régulier avec les organisations représentatives.
- La question des élections professionnelles dans le calendrier de déploiement de la double authentification : il faut éviter un éventuel « accident industriel » sur les élections si le déploiement se passe mal.
L’AVIS DU SNALC
C’était nécessaire qu’il y ait enfin un dialogue avec les organisations syndicales représentatives sur ce sujet essentiel, et l’échange a été productif.
Le chantier est immense, d’autant qu’il inclut État, collectivités territoriales et opérateurs privés, et qu’il concerne personnels de l’État, personnels des collectivités, élèves et familles.
On a besoin d’une montée de compétences en interne, qui ne peut se faire que par une formation de qualité, ce qui n’est pas le point fort de notre ministère jusqu’à présent.
IA : une annonce artificielle ?
Le SNALC prend acte de l’annonce faite par le Premier ministre d’un enseignement d’une heure consacré à l’intelligence artificielle en classe de seconde, dans le cadre de la discipline SNT (Sciences numériques et technologie).
Sur le fond, le SNALC considère qu’un enseignement de l’IA a du sens, afin d’assurer une montée en compétences des élèves dans un domaine en plein essor, tout en développant leur citoyenneté numérique.
La manière, en revanche, est incompréhensible.
Le SNALC ne voit pas comment y consacrer une heure hebdomadaire dans un enseignement de 1h30 par semaine. Le programme actuel de SNT est déjà chargé : Internet, le Web, les données et leur traitement…
Pour le SNALC, on ne fait pas une telle annonce sur les réseaux sociaux — au chapitre 2 de l’actuel programme — sans travailler au préalable avec la profession afin d’en examiner la faisabilité et les conséquences sur l’enseignement de SNT. Toutefois, devant l’importance de l’enjeu, le SNALC sera présent pour que ce sujet essentiel soit traité sur un volume horaire réel, et non artificiel.
Conditions climatiques : compte rendu du 18 juin 2026

Réunion ministérielle sur les conditions climatiques
Compte rendu du SNALC du 18 juin 2026
LE THÈME
Gestion de l’épisode de chaleur.
L’ESSENTIEL
1) Question des fermetures d’écoles et d’établissements
- 1er degré : le ministre demande aux préfets, en lien avec le maire, d’agir au cas par cas (lieu, bâti, capacités d’accueil). La direction d’école peut faire remonter des alertes par la chaîne hiérarchique.
- 2d degré : capacité du chef d’établissement d’interdire l’accès aux locaux en cas de danger grave et imminent.
2) Question des examens, notamment des épreuves orales de français et du grand oral
Réunion des recteurs hier pour envisager le report d’épreuves orales, notamment lundi après-midi, au cas par cas.
Un recensement des ventilateurs et, le cas échéant, des petits climatiseurs a été demandé.
LE SNALC A INSISTÉ SUR
- La nécessité de réagir à des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et de plus en plus précoces dans l’année. Nous sommes d’accord sur la possibilité de reporter certains oraux, ce qui n’avait même pas été évoqué l’an dernier à la même époque, mais cela reste insuffisant. Cela ne concerne pas uniquement lundi : il est annoncé des températures autour de 35 °C jusqu’à la fin de la semaine dans de nombreuses régions.
- La nécessité d’avoir un cadrage sur les fermetures d’écoles et d’établissements, car il n’y a aucune harmonisation locale. Il faudrait, a minima, des consignes départementales.
- La nécessité d’un grand plan sur les équipements, y compris la climatisation, sur le bâti et sur le verdissement. On ne peut pas continuer ainsi chaque année ni subir des tensions parfois fortes sur la fermeture ou non des établissements.
- La nécessité de reconnaître le droit de retrait individuel pour danger grave et imminent.
L’AVIS DU SNALC
Si rien n’a encore été anticipé cette année, alors que tous les constats avaient été faits, nous voyons un début de prise de conscience. Le chemin est encore long, car nous n’arriverons à rien sans évolutions structurelles importantes nécessitant des investissements. La santé des élèves et des personnels, ainsi que les conditions de travail en classe et pendant les épreuves d’examen, ne peuvent relever d’un simple bricolage.
Missions et temps de travail des AESH : compte rendu du 15 juin 2026

Groupe de travail consacré aux AESH
Compte rendu du SNALC du 15 juin 2026
LE THÈME
« AESH – Création d’un corps »
Réflexions sur les missions et le temps de travail
Propos liminaire du SNALC
Le SNALC souhaite revenir brièvement sur le premier groupe de travail sur la création d’un corps pour les AESH, qui s’est tenu le 20 mai dernier.
Nous avons été extrêmement choqués par la présentation proposée par le « document de travail ». Ce dernier n’avait pas été envoyé avant la séance et s’appuyait sur un rapport de l’inspection générale non publié. Les éléments qui nous ont été soumis relevaient davantage d’un plan de communication et de coupes budgétaires que d’un « état de la recherche ». Je cite certains des éléments présentés, qui ont été autant de gifles pour les personnels AESH :
- « approche portée sur l’adaptation collective de la classe plutôt que sur l’aide individualisée »
- « inefficacité de l’accompagnement humain individuel sur les apprentissages »
- « l’« effet écran » constitue un frein au développement des apprentissages »
Il en va de même sur les considérations proposées sur l’objet même du groupe de travail, et présentées comme des vérités pré-établies :
- « Pourquoi la fonctionnarisation générale est écartée par la mission ? »
- « maintenir le recrutement contractuel pour répondre aux besoins variables »
- une création d’un corps vue comme un « risque de rigidification administrative »
Pour le SNALC, nous ne devons plus revivre ça. Ce groupe de travail est là pour travailler ensemble aux modalités de création d’un corps, et non pour dénigrer le travail des collègues ou pour poser comme préalable que la fonctionnarisation ne pourrait concerner qu’une minorité d’AESH.
L’ESSENTIEL
Cette rencontre avec le Ministère fait suite au groupe de travail du mercredi 20 mai concernant la création d’un corps de fonctionnaire pour les AESH.
Dans le cadre de l’exercice à temps complet (1 607 heures annuelles), le Ministère souhaite confier de nouvelles missions aux AESH, basées notamment sur les métiers de l’accessibilité dans le champ de l’école inclusive, en valorisant l’expertise des AESH et leur rôle d’appui auprès des acteurs internes (Éducation nationale) et externes (Médico-social).
Par conséquent, l’administration propose un volume horaire hebdomadaire de 36 heures : 24 heures pour les missions actuelles d’accompagnement et 12 heures pour les nouvelles missions.
Cette durée hebdomadaire devrait prendre en compte des temps d’organisation de l’activité (préparation, déplacements, échanges avec les familles) et le temps dédié à la formation continue.
Par ailleurs, la durée du travail pourrait être étendue sur 42 ou 43 semaines (contre 41 actuellement) afin d’atteindre un temps complet.
Enfin, la pénibilité des conditions d’exercice des AESH a été abordée à partir de données statistiques les concernant : observations de l’évolution professionnelle, des démissions, licenciements, abandons de poste et absences pour raison de santé, réalisées sur la période 2020-2025.
L’administration rappelle que cette réunion constitue une étape de travail et que plusieurs groupes de travail complémentaires sont prévus dans les semaines et mois à venir. Le prochain a été annoncé pour la semaine du 6 juillet. Il devrait permettre d’objectiver les missions invisibles et les enjeux d’affectations : temps de concertation, temps de déplacement, temps de préparation et d’échange avec les familles et formation continue.
LE SNALC A INSISTÉ SUR
Nous avons rappelé les attentes fortes des AESH en matière de reconnaissance professionnelle, d’amélioration des conditions de travail et de sécurisation des parcours.
Toute évolution statutaire doit répondre prioritairement aux difficultés rencontrées aujourd’hui par les AESH : rémunérations insuffisantes, temps incomplets subis, manque de formation, charge de travail croissante, difficultés de recrutement par manque d’attractivité du métier.
Concernant les nouvelles tâches identifiées par l’administration pour les AESH afin de construire un futur métier à temps complet, le SNALC a alerté sur la notion d’expertise attendue de ces personnels (alors qu’il est envisagé un corps de fonctionnaire de catégorie B) ainsi que sur l’élargissement très important du périmètre de leur domaine d’intervention et la cohérence entre les missions proposées et la réalité du terrain. Par ailleurs, parmi les missions supplémentaires envisagées, plusieurs relèvent de la compétence spécifique des AED, CPE, enseignants, enseignants référents, Psy-EN, personnels de direction…
À la lecture de certaines tâches proposées, on a même cru percevoir le retour de la fusion AESH/AED pour créer des assistants à la réussite éducative (ARE).
Parmi les nouveaux domaines d’intervention proposés, nous avons également souligné certaines contradictions comme celle consistant à demander aux AESH d’intervenir dans des actions de sensibilisation et de formation interne sur les besoins éducatifs particuliers et le handicap alors que les besoins de formation des AESH eux-mêmes demeurent extrêmement importants !
À ce titre, le SNALC demande une véritable formation initiale, une formation continue renforcée et l’accès à des formations spécialisées pour les AESH.
Enfin, la plupart des nouvelles interventions des AESH se dérouleraient soit auprès de l’ensemble des élèves soit auprès des Élèves à Besoins Éducatifs Particuliers (EBEP), les éloignant de facto du cœur de leur métier. Le SNALC en a d’ailleurs profité pour demander une définition claire et précise des EBEP.
En ce qui concerne les missions des AESH référents, le SNALC a rappelé qu’elles sont définies réglementairement par l’article 1 de l’arrêté du 29 juillet 2020 et qu’il conviendra de clarifier les attentes pour ces personnels si un corps de fonctionnaires était effectivement créé. Et ce d’autant plus qu’il existe déjà des abus avec les AESH référents, car contrairement à ce qu’indique le cahier des charges 2025 des PAS, en annexe de la circulaire « déploiement des PAS » du 1er septembre 2025, ils n’ont pas vocation à assister le coordonnateur de PAS dans la mise en place des accompagnements. Les AESH référents, comme les AESH ne doivent pas se voir confier des tâches ne figurant pas dans les textes qui leur sont applicables (prise en charge d’élèves non notifiés par exemple). Or, trop de remontées de terrain vont dans ce sens.
Concernant le temps de travail, le SNALC a demandé la reconnaissance du travail « invisible », c’est-à-dire du temps consacré aux tâches exercées hors temps d’accompagnement, la prise en compte de la pause méridienne et l’octroi à tous les AESH des jours de fractionnement.
Enfin, le temps de travail estimé pour mener à bien ces nouvelles missions est très largement sous-évalué.
Concernant la pénibilité du travail des AESH, le SNALC a attiré l’attention sur l’augmentation des démissions (notamment depuis 2023/2024), les difficultés de recrutement et les nombreux départs précoces de ces personnels. Nous avons demandé une analyse approfondie des causes de ces départs, notamment des démissions.
Quant aux absences pour raison de santé, le SNALC a signalé que beaucoup d’AESH renonçaient à un congé maladie entre autres parce que la subrogation n’existait pas encore.
Lors de ce deuxième groupe de travail, le SNALC a réitéré sa demande que les APSH soient intégrés dans les points expertisés et les réflexions conduites lors de la poursuite des travaux en vue d’un éventuel statut de fonctionnaire.
Enfin, le SNALC a profité de cette réunion pour interpeler le Ministère sur les avenants adressés aux AESH qui subiront un passage de leur PIAL en PAS à la rentrée 2026. En effet, des AESH se voient imposer un élargissement important de leur périmètre géographique d’intervention et certaines formulations apparaissent comme des injonctions à signer, voire des menaces de licenciement sont exercées pour faire pression sur les AESH afin qu’ils signent au plus vite…
Le SNALC a demandé au Ministère d’intervenir auprès des rectorats pour que de telles pratiques cessent, d’autant plus que les PAS n’ont toujours pas d’existence légale alors qu’ils sont déployés à marche forcée par l’Éducation nationale ! Le SNALC en a d’ailleurs profité pour alerter l’administration sur plusieurs difficultés observées dans le cadre du déploiement des PAS.
Le SNALC a donc demandé à la DGRH de sécuriser juridiquement les procédures, de rappeler les rectorats à la prudence et de veiller au respect des droits des AESH.
L’AVIS DU SNALC
L’administration a réaffirmé sa volonté de travailler sur la reconnaissance du métier, les contraintes liées à l’exercice des missions, la charge mentale et physique, la construction d’un futur cadre statutaire. Toutefois, tout en prenant acte de cette volonté ministérielle d’engager une réflexion sur la création d’un corps de fonctionnaires pour les AESH, les travaux ne doivent pas se réduire à redéfinir leurs missions en les élargissant et par conséquent à augmenter leur temps de travail.
La multiplication des domaines d’intervention et la diversité des tâches supplémentaires envisagées pour les AESH risquent clairement de les éloigner de leur métier, à savoir accompagner des élèves en situation de handicap, et d’absence de réponse à leur revendication de professionnalisation de ce métier.
Il ressort manifestement une volonté de mettre plus largement à contribution les AESH à travers les nouvelles fonctions que le Ministère souhaiterait leur confier en passant de la compensation du handicap à l’accessibilité pédagogique. Cette évolution est matérialisée par le passage des PIAL, ne prenant en charge que les élèves en situation de handicap, aux PAS, chargés de tous les EBEP.
Cependant, ce changement de logique ne devra pas se faire en sacrifiant à nouveau les AESH, en leur imposant de « travailler plus pour gagner plus » et/ou en créant une nouvelle profession aux missions plus ou moins définies, car les enjeux budgétaires sont un des éléments déterminants de ce changement d’approche de l’inclusion scolaire.
Le SNALC y veillera !
Atelier I.A. et numérique : compte rendu du 12 juin 2026

Atelier ministériel I.A. et numérique
Compte rendu du SNALC du 12 juin 026
LE THÈME
La Direction du numérique pour l’éducation (DNE), la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) et l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) partagent les retours de terrain dont elles disposent sur les usages de l’I.A. dans l’Éducation nationale et font un point sur la recherche.
L’ESSENTIEL
Pour la DNE, il faut concilier climat scolaire et progression des élèves dans les compétences numériques. Cela passe par l’humain et par des scénarios pédagogiques qui doivent être évalués afin de nourrir la recherche. L’I.A. avance vite : il ne faut pas rater le train.
La DGESCO fait le constat d’une utilisation massive par les élèves et d’une appropriation progressive par les enseignants.
Pour l’IGÉSR, il faut une I.A. raisonnée et en phase avec les grands enjeux de l’Éducation. L’I.A. est présente dans la société et peut transformer l’école, mais l’enseignement doit rester humain et incarné.
Le ministère soutient le développement de communs numériques.
Des outils sont créés, notamment en académie, avec de la recherche institutionnelle et des entreprises partenaires. Un travail est en cours dans toute l’Europe, à travers deux projets ERASMUS+. La volonté est de créer des éléments de formation qui viendront compléter l’existant.
LE SNALC A INSISTÉ SUR
- L’importance de prendre son temps, car le ministère cherche à suivre le rythme de l’I.A. sans prendre le temps de réfléchir aux intérêts ou non de cet outil.
- L’urgence de se concentrer sur les effets cognitifs de l’I.A. générative, en s’appuyant sur des études scientifiques fiables, dont les commanditaires ne sont pas les EdTech ; des études qui existent d’ailleurs déjà pour le numérique.
- L’un des principaux enjeux actuels est la lutte contre la triche et le plagiat.
- Le SNALC préfère un enseignement à l’I.A. plutôt qu’un enseignement par l’I.A. La technologie au collège et la SNT au lycée seraient les disciplines idoines.
- Le SNALC demande que le ministère se dote d’un cadre pour les professeurs, d’un cadre pour les personnels administratifs et encadrants, et d’un cadre pour les élèves, car les enjeux ne sont pas les mêmes.
L’AVIS DU SNALC
Plutôt que de vouloir contraindre les professeurs à modifier leurs pratiques pour intégrer l’I.A., le SNALC préconise de former efficacement aux outils et de laisser les professeurs libres de les intégrer à leur pédagogie, ou non.
Le SNALC n’est par exemple pas favorable à l’idée — évoquée lors de ce groupe de travail — d’imposer une double correction par l’I.A. lors des examens pour garantir une supposée objectivité.
