Hausse du SMIC au 1er juin : une bonne nouvelle…
Par Anne MUGNIER, membre du Bureau national du SNALC chargée des rémunérations.
Avec la contribution de Danielle ARNAUD, secrétaire nationale du SNALC chargée des personnels contractuels, et de Christophe DOMENGE, SNALC de Grenoble (graphiques).
L’annonce était attendue : le SMIC est revalorisé de 2,41 % au 1er juin et passe de 1 823,03 € à 1 867,02 € brut par mois, soit une hausse mensuelle de 43,99 € brut. En effet, il est indexé sur l’inflation, actuellement en forte hausse en raison des tensions géopolitiques au Proche-Orient.
En revanche, ce n’est pas le cas de la valeur du point d’indice qui détermine le niveau des traitements dans la fonction publique : après avoir été officiellement désindexée de l’inflation en 1982, elle en a fortement décroché à partir des années 2000, avant d’être régulièrement gelée à partir de 2010.
La dernière revalorisation du point d’indice date de juillet 2023, suivie en janvier 2024 d’une hausse de 5 points des indices majorés de toutes les grilles de rémunération. Ces mesures ont été loin de compenser l’inflation, et le dispositif de la GIPA, destiné à compenser la perte effective de pouvoir d’achat, a été parallèlement suspendu en 2024.



Si toute augmentation du SMIC reste donc une bonne nouvelle pour les plus petits salaires, elle a, en l’absence de politique de revalorisation globale, des conséquences sur l’ensemble des grilles et espaces indiciaires de la fonction publique qui pèsent sur son attractivité, notamment dans l’Éducation nationale.
Tout d’abord, la hausse du SMIC a un impact direct et concret sur les grilles et espaces indiciaires des catégories les moins bien rémunérées dans l’Éducation nationale : personnels contractuels et personnels titulaires de catégorie C, voire B. En effet, la valeur mensuelle du point d’indice étant actuellement fixée à 4,92€ brut, l’indice majoré doit être au minimum de 380 pour que le traitement mensuel brut atteigne le niveau du SMIC. Or, de nombreux échelons et niveaux ont un indice inférieur dans ces catégories.
Ainsi, au 1er juin 2026, les deux premiers échelons de la grille indiciaire des AESH, correspondant respectivement aux indices majorés 371 et 375, ne permettent plus d’atteindre un traitement brut au moins égal au SMIC. Les AESH devront donc a minima être rémunérés à l’échelon 3, soit à l’indice majoré 380, qu’ils aient presque 9 ans d’ancienneté de services ou qu’ils viennent d’être recrutés !
De même, les assistants d’éducation en CDI, rémunérés à l’indice majoré 375, devront percevoir une indemnité différentielle pour atteindre au moins le SMIC. Les AED en CDD, toujours rémunérés à l’indice majoré 366 verront leur indemnité différentielle, versée depuis novembre 2024, augmenter. En CDD ou en CDI, tous les AED se retrouvent donc au SMIC !
Enfin, l’espace indiciaire des contractuels enseignants, CPE et Psy-EN de première catégorie débutant à l’indice majoré 376, les collègues rémunérés à cet indice verront de facto leur traitement brut augmenter, soit par un passage à l’indice majoré du niveau 2 qui est de 393, soit par le versement d’une indemnité différentielle SMIC, alors qu’ils occupent des emplois de cadres…
Chez les fonctionnaires de catégorie C (ADJAENES, ATRF), la situation est catastrophique : l’ensemble de la grille du premier grade, hormis le dernier échelon, devient obsolète, ainsi qu’une bonne partie des échelons du grade supérieur. Les catégories B (SAENES, TRF) sont également touchées sur une partie des échelons des deux premiers grades.
En l’absence de revalorisation conjointe de la valeur du point d’indice, il existe deux possibilités pour remettre à niveau les rémunérations inférieures au SMIC :
- la réfection de l’ensemble des grilles
- ou la mise en place d’une indemnité différentielle compensatoire.
La seconde solution, qui ne nécessite aucune concertation, est généralement privilégiée.
En conséquence, plus les salaires sont bas, plus les grilles sont écrasées, au point que les changements d’échelon ou de niveau n’entraînent qu’une augmentation infime, voire inexistante pour les indices inférieurs au niveau du SMIC.
Plus globalement, c’est la notion même de carrière qui est mise à mal pour l’ensemble de nos professions, puisque toutes les grilles se rapprochent du niveau du SMIC, y compris pour les plus diplômés. Et un métier dans lequel il n’est pas possible d’envisager une carrière n’attire évidemment pas.
C’est pourquoi toute hausse légitime du SMIC rend plus pressantes les demandes du SNALC : même indexation de la valeur du point d’indice sur l’inflation et réfection générale de toutes les grilles et espaces indiciaires. Il est urgent de rendre les carrières plus attractives et de proposer des rémunérations adaptées aux difficultés et aux exigences de nos métiers.
Traitements au 1er juin 2026 (brut)
Salaires et conditions de travail des AED : Mobilisation le 2 juin !

URGENCE POUR LES SALAIRES ET LES CONDITIONS DE TRAVAIL DES AED
DANS L’ACTION LE MARDI 2 JUIN !

Nos organisations SNES-FSU, SNUEP-FSU, SE-UNSA, FNEC-FP-FO, CFDT Éducation Formation et Recherche Publiques, CGT Educ’action, SNALC et SUD Éducation appellent les AED à se mobiliser pour rendre visibles la réalité de leurs conditions de travail et leurs revendications (rassemblements, grève, manifestations, etc.), le mardi 2 juin.
Rien n’est fait par le ministère pour permettre aux AED d’exercer leurs missions dans des conditions acceptables et décentes :
- Les AED sont maintenus dans une précarité inacceptable. Les discussions sur les grilles de salaires prévues dans le cadre de gestion posé par le ministère lui-même sont bloquées dans les académies, le ministère admet ne pas avoir les ressources budgétaires pour financer ces grilles et donc de possibles avancées salariales pour nos collègues ;
- D’autres droits des AED ne sont pas effectifs : prévue par le cadre de gestion, la mobilité des AED n’est pas effective faute de travaux lancés par les rectorats ;
- Pendant que le ministre affirme faire du climat scolaire une de ses priorités, les vies scolaires sont asphyxiées par le manque de moyens. Pas de créations d’emplois d’AED pour la rentrée 2025, pour la rentrée 2026 et, déjà, des reprises de moyens qui sont annoncées dans certaines académies. Les conditions de travail, déjà difficiles, vont encore se dégrader.
Les AED se retrouvent souvent en première ligne, exposés aux risques, dans un rôle de « vigiles d’établissement » dont nous réaffirmons qu’il n’est pas le leur. Proches des élèves, les AED sont primordiaux pour recevoir la parole des jeunes et les accompagner. Par la fonction d’AED, c’est une École bienveillante et émancipatrice qui peut se mettre en place.
Nous réaffirmons que les AED, qui jouent un rôle essentiel dans le quotidien des établissements scolaires pour les élèves et les personnels, ne doivent pas être la variable d’ajustement des choix politiques et budgétaires du gouvernement qui tournent le dos aux urgences de l’Éducation nationale.
Nous exigeons :
- La création des postes et recrutement d’AED pour répondre aux besoins ;
- La création d’une grille salariale nationale qui permette une revalorisation des AED ;
- L’accès à une formation initiale et continue, sur temps de service ;
- Un droit effectif à la mobilité ;
- Un examen des non renouvellements en CCP.
AED, LA PRÉCARITÉ CELA SUFFIT !
Toutes et tous mobilisés dans les manifestations, la grève, les rassemblements, le mardi 2 juin.
AESH, un vrai métier, un vrai corps de fonctionnaire : Mobilisation le 9 juin !

AESH : un vrai métier, un vrai corps de fonctionnaire !
Toutes et tous mobilisés le mardi 9 juin

Le ministère de l’Education nationale a enfin ouvert des groupes de travail sur l’avenir des AESH. Cette ouverture est le résultat des mobilisations et des revendications portées depuis des années par les personnels et les organisations syndicales.
Mais dès ce premier groupe de travail, les limites fixées par le ministère sont apparues inacceptables. Alors que les AESH représentent aujourd’hui le deuxième métier de l’éducation tous ministères confondus en nombre de personnels, le ministre envisage une « fonctionnarisation » limitée à seulement 10 à 20 % des AESH. Cette hypothèse ne correspond ni à la réalité des besoins, ni aux exigences d’une école réellement inclusive.
L’accompagnement des élèves en situation de handicap est une mission essentielle, pérenne et indispensable du service public d’éducation. Il ne peut être assuré par des personnels maintenus dans la précarité, sous-payés et privés de véritables perspectives professionnelles.
Nous réaffirmons nos revendications :
- la création immédiate d’un véritable corps de fonctionnaires de catégorie B pour toutes et tous les AESH ;
- un temps complet sur la base des missions réelles exercées ;
- une revalorisation salariale significative ;
- la reconnaissance pleine et entière des qualifications et compétences professionnelles des AESH ;
- une école pleinement inclusive donnant réellement les moyens de l’accompagnement des élèves en situation de handicap.
Le prochain groupe de travail est annoncé pour le 17 juin.
D’ici là, il est indispensable de faire entendre massivement les revendications des AESH.
Lire aussi :
Statut pour les AESH : compte rendu du 20 mai 2026

Groupe de travail ministériel avec les organisations représentatives
Compte rendu du SNALC du 20 mai 2026
LE THÈME
Réflexions autour d’un éventuel statut pour les AESH.
L’ESSENTIEL
Présentation du rapport IGÉSR/IGAS1 réalisé en 2025 sur le rôle et les missions des AESH et dont la publication est attendue dans les prochains jours.
À partir des constats et recommandations de ce rapport, il s’agissait de partager avec les organisations syndicales l’état des réflexions de l’Administration autour d’un scénario dit « de travail » ou « de référence », c’est-à-dire de poser les jalons d’une fonctionnarisation d’une partie des AESH.
Compte tenu de l’ampleur du projet, d’autres groupes de travail seront nécessaires. Le prochain aura lieu le 17 juin. En effet, il conviendra de travailler sur les conditions de recrutement (concours : l’administration envisagerait plutôt un concours à organisation académique, avec affectations départementales), le temps de travail, les missions, les procédures d’affectation, la formation, la rémunération, la mobilité… de ces futurs fonctionnaires.
Le ministère a d’ores et déjà écarté deux scénarios :
- création d’un corps de fonctionnaires à temps incomplet ;
- confier des missions de vie scolaire (donc d’AED) aux AESH pour atteindre un temps plein
Cependant, le ministère, tout comme les inspecteurs généraux auteurs dudit rapport, défendent la nécessité de confier d’autres missions, dont certaines n’existent pas encore, aux AESH pour atteindre un temps complet.
De plus, une nouvelle fonction d’assistant d’accessibilité (sous statut de fonctionnaire) pourrait être créée. L’assistant d’accessibilité pourrait ainsi intervenir en lien étroit avec l’enseignant sur des tâches de reformulation, d’aide à la décomposition de tâches complexes, ou encore sur des activités de consolidation des apprentissages en petits groupes. Il serait susceptible de bénéficier à d’autres élèves présents dans la classe.
Par ailleurs, le rapport estime qu’une fonctionnarisation généralisée est inappropriée. Si un statut de fonctionnaire était créé, tous les AESH ne seraient donc pas concernés. Au mieux, et selon les annonces du ministre, 10 à 20 % des AESH pourraient devenir des fonctionnaires.
Enfin, si la CNH2 (dont la prochaine édition se tiendra début juillet 2026) a vocation à débattre des orientations et moyens de la politique concernant l’école inclusive et des ESH3, la création d’un corps de fonctionnaires relève quant à elle exclusivement des compétences du ministère de l’Éducation nationale.
Toutefois, une articulation entre les travaux de ce groupe de travail et ceux de la CNH est prévue. L’Administration a précisé être attendue en CNH dans une optique de compte rendu d’avancement.
1.Inspection Générale de l’Éducation, du sport et de la recherche/Inspection Générale des Affaires Sociales
2.Conférence Nationale du Handicap
3.Élèves en Situation de Handicap
LE SNALC A INSISTÉ SUR
L’urgence à mettre un terme à la précarité des AESH !
Pour rappel, un CDI reste un contrat et une CDIsation n’est pas une titularisation. De plus, le niveau de rémunération actuel ne permet pas aux AESH de vivre de leur travail.
Le 29 avril 2026, notre Ministre a confirmé son intention de travailler à la fonctionnarisation d’une partie des AESH probablement par voie de concours. Le SNALC partage totalement cette volonté puisque sa première revendication pour les AESH est l’accès à un statut de fonctionnaire d’État de catégorie B.
Ces groupes de travail doivent avoir pour finalité de trouver collectivement un chemin pour rendre possible cette fonctionnarisation et constituent un véritable chantier pour l’avenir des AESH, tant les questions qui devront être traitées sont nombreuses :
- la place du concours dans cette fonctionnarisation : pour le SNALC, l’accès au statut de fonctionnaire doit s’effectuer dans les conditions les plus justes pour tous et les parcours antérieurs des AESH déjà recrutés doivent être pris en compte ;
- les missions : celles-ci sont définies par la circulaire 2017-084 du 3 mai 2017 et limitées aux ESH, donc aux élèves ayant une notification MDPH ;
- les risques de dévoiement des missions des AESH dans le cadre des PAS4, notamment en lien avec les EBEP5 ;
- le temps de travail : la majorité des AESH sont à temps incomplet : pour le SNALC, un temps plein doit correspondre à 24 heures d’accompagnement hebdomadaires en raison du temps de travail en sus du temps d’accompagnement en classe et de l’obligation d’accompagner des ESH avec des handicaps ou troubles de plus en plus lourds ;
- le temps d’intervention : uniquement sur le temps scolaire ;
- la pénibilité du métier : des accompagnements de plus en plus complexes, des déplacements de plus en plus importants, des conditions de travail de plus en plus difficiles, une souffrance physique et mentale croissante ;
- la rémunération indigente : l’augmentation du SMIC au 1er juin 2026 fait de facto disparaître les 2 premiers échelons de la grille indiciaire des AESH. Or il est tout à fait inacceptable que des AESH avec presque 9 ans d’ancienneté soient rémunérés au même indice que des AESH qui viennent d’être recrutés, lorsque ce traitement brut correspond au SMIC ! Une refonte ambitieuse de la grille indiciaire avec avancement accéléré pour les premiers échelons est indispensable ;
- la formation initiale et continue : nécessité d’une formation théorique et pratique solide pour les nouveaux AESH recrutés par concours, alors que les plus expérimentés, par exemple en CDI avant la titularisation, n’ont peut-être pas besoin d’une formation aussi approfondie et aussi longue que les AESH plus récemment recrutés ;
- la place des AESH parmi les membres de l’équipe éducative (l’article 1 de la PPL adoptée par l’Assemblée nationale le 11 mai dernier a ajouté un alinéa à l’article L917-1 du code de l’éducation : « Les accompagnants des élèves en situation de handicap sont membres de l’équipe éducative ») ;
- le cas des APSH : ces collègues ne doivent pas être oubliés dans cette fonctionnarisation.
Enfin, le SNALC a déploré l’attente depuis près de deux ans de la nouvelle circulaire « cadre de gestion des personnels exerçant des missions d’AESH ». Nous avons rappelé la nécessité de traiter des questions récurrentes telles que les heures connexes et les jours de fractionnement, sujets qui reviennent de manière constante depuis une dizaine d’années sans réponse claire et définitive.
4.Pôles d’Appui à la Scolarité
5.Élèves à Besoins Éducatifs Particuliers
L’AVIS DU SNALC
Si le ministère a souhaité réserver la primeur de la présentation du rapport IGÉSR/IGAS aux organisations syndicales, dont le SNALC, nous déplorons le fait d’avoir dû commenter en direct des données et recommandations partielles n’ayant pas encore eu connaissance de l’intégralité de ce document.
Par ailleurs, les inspecteurs généraux IGÉSR/IGAS ont interrogé 300 personnes, dont 75 AESH, lors de leurs travaux. Pour le SNALC, établir un rapport sur les AESH à partir de seulement 75 personnes interrogées, soit 0,05 % des 140000 AESH, n’est pas sérieux et ne permet pas de représenter de manière fiable et significative leurs conditions d’emploi et de travail.
Créer de nouvelles missions « étendues et techniques » ou/et de nouvelles fonctions telles que des assistants d’accessibilité comme le préconise le rapport IGÉSR/IGAS risque d’une part d’élargir l’usine à gaz qu’est déjà l’inclusion scolaire et d’autre part de mettre en danger la professionnalisation des AESH. Le but est surtout d’augmenter le temps de travail des AESH sans garantie d’une compensation statutaire et financière. Le passage de la compensation à l’accessibilité (permise par les PAS selon le ministère) vise avant tout à réduire les notifications MDPH et par conséquent les recrutements d’AESH.
Par ailleurs, émettre la possibilité de n’avoir que 20 % maximum des AESH avec le statut de fonctionnaire, c’est laisser 80 % d’entre eux, soit la très grande majorité, dans la précarité. Pour le SNALC, c’est une reconnaissance sociale a minima et de facto inconcevable !
La « stabilisation contractuelle engagée » mentionnée dans le rapport tout comme le « quasi-statut des AESH » mis en avant par notre ministre témoignent de la méconnaissance totale de la réalité professionnelle et socio-économique vécue par les AESH.
Enfin, l’usage systématique et appuyé du conditionnel par l’administration, puisqu’aucun arbitrage, ni ministériel, ni interministériel, n’a encore été rendu et que la décision finale relèvera d’une décision gouvernementale, nous confirme que notre combat pour la création d’un corps de fonctionnaire pour les AESH sera encore long et acharné avant que cette revendication devienne une priorité pour nos dirigeants.
Lire aussi :
Consignes du bac : tout et son contraire
Communiqué de presse du SNALC du 19 mai 2026
Le SNALC constate que la maîtrise de la langue aux examens est (une nouvelle fois) la priorité de notre ministère. Sauf pour la voie professionnelle, où c’est reporté à 2027 pour raisons techniques. C’est l’exigence à géométrie variable pour un bac à géométrie variable.
Le SNALC tient d’abord à rappeler que la baisse du niveau en orthographe, grammaire et syntaxe depuis 40 ans est avérée, enquêtes de la DEPP[1] à l’appui. Mais on ne résoudra pas cette chute plus qu’inquiétante seulement par des consignes de correction aux examens. Une grande partie des élèves maîtrise mal la langue non pas parce qu’ils ne se reliraient pas… mais parce qu’ils ne la maîtrisent pas ! Et ce n’est pas en un mois qu’ils vont combler leurs lacunes.
Pour le SNALC, la baisse continue des horaires de français, l’accumulation de nouvelles missions et de nouvelles « éducation à » à faire rentrer dans ces horaires, le nombre d’élèves par classe, le fait d’avoir sciemment vidé le vivier de remplaçants pour faire des économies, la crise des recrutements chez les professeurs de lettres et les professeurs des écoles, les adaptations de plus en plus nombreuses demandant de ne pas pénaliser l’orthographe, mais aussi la surconsommation d’écrans et les modes pédagogiques ayant massacré l’enseignement structuré et progressif de la grammaire dans les années 90 et 2000, ont bien davantage à voir avec la situation actuelle que la façon de corriger le bac. On le sait bien : des correcteurs jugés trop stricts se verront cette année encore demander de remonter leurs notes.
Le SNALC attend donc du ministère qu’il mette en œuvre les éléments nécessaires à ses ambitions : relance de l’attractivité de nos métiers et des études littéraires par un rattrapage salarial, baisse du nombre d’élèves par classe, réflexion globale sur les aménagements pédagogiques et leur attribution, horaires nous permettant de traiter correctement nos programmes, stabilité des notions étudiées — la grammaire scolaire changeant tous les dix ans — et soutien sans faille de la hiérarchie quand nous faisons preuve de l’exigence et de l’autorité qu’on nous demande d’exercer. C’est à ces conditions qu’on pourra retrouver un baccalauréat sanctionnant un niveau de maîtrise de la langue réel et qu’on arrêtera de mentir à notre jeunesse.
[1] Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance
Concours général des collèges : consultation du 13 mai 2026
Réunion avec la DGESCO
Compte rendu du SNALC du 13 mai 2026
LE THÈME
Le Ministère (Bureau des collèges de la DGESCO et Inspection Générale) présente les contours du futur concours général et recueille l’avis des syndicats.
L’ESSENTIEL
Le Ministre souhaite proposer un concours général, inspiré de celui existant au lycée, mais avec des objectifs spécifiquement adaptés au collège. L’ambition est de donner envie aux collégiens, quel que soit leur profil, de participer et de valoriser leur potentiel. Un palmarès départemental sera établi et donnera lieu à une cérémonie de remise des prix. Le Ministre souhaite garantir une parité de participation entre filles et garçons pour chaque épreuve, dans chaque établissement.
Ce concours comportera cinq épreuves : raisonnement scientifique et mathématiques, écriture créative et littéraire, histoire ou géographie, création artistique bidimensionnelle, et informatique et technologies d’avenir. Ces épreuves s’appuieront sur les programmes de troisième, mais un niveau d’exigence supérieur sera attendu. Elles se distinguent du DNB et valorisent notamment les compétences rédactionnelles des élèves.
L’objectif est d’atteindre 10 % des élèves de troisième. La première édition aura lieu en janvier ou février 2027. Les épreuves se dérouleront sur le temps scolaire, et chaque élève ne pourra s’inscrire qu’à une seule épreuve, afin de ne pas allonger excessivement les plages horaires.
LE SNALC A INSISTÉ SUR
- À l’heure où le collège rencontre des difficultés majeures, l’urgence porte sur les postes, les effectifs et les conditions de travail. Ce concours général est perçu comme un gadget.
- L’objectif de participation fixé à 10 % est très ambitieux. Il faut veiller à ce que l’application stricte de la parité ne prive pas des filles ou des garçons motivés de la possibilité de participer.
- Organiser ce concours sur temps scolaire n’exclut pas la convocation de collègues pour la surveillance sur des heures où ils n’assurent normalement pas de cours. Il est donc nécessaire de prévoir une note de service précisant explicitement la rémunération qui leur sera attribuée.
L’AVIS DU SNALC
Le SNALC entend la volonté de rendre la connaissance plus motivante et reconnaît que les épreuves proposées ont fait l’objet d’une réflexion approfondie. Le ministère ne s’interdit d’ailleurs pas de retravailler ces épreuves, par exemple en y intégrant les langues. Cependant, pour le SNALC, ce n’est pas la priorité dans un système éducatif actuellement en crise. Les préoccupations du ministère devraient d’abord porter sur la question des salaires et sur l’amélioration des conditions de travail.
Non au CRPE spécial ! (communiqué intersyndical)
NON AU CRPE SPÉCIAL !
OUI AU RECRUTEMENT DES LISTES COMPLÉMENTAIRES !

Il y a plus d’un an le ministère faisait le choix de modifier par décret les conditions de recrutement et de formation des corps enseignants, et du personnel d’éducation. Cette réforme engagée à la hâte qui modifie profondément la formation des enseignants et personnels d’éducation contient deux dispositions unanimement contestées :
Par la création d’un concours externe spécial réservé aux candidats issus de la licence Professorat des Écoles (LPE), le ministère crée une différence de traitement selon la licence obtenue. Nous dénonçons cette discrimination entre les étudiants que constitue l’existence de deux concours externes avec des épreuves et un nombre de places proposées différentes, renforcée par le fait que 20% des départements ne proposent pas de LPE. Le CRPE doit rester un concours qui réponde au principe d’égalité d’accès à la Fonction publique.
Le décret d’avril 2025 acte également l’impossibilité de recourir à la liste complémentaire à partir d’un mois après le début de la formation, soit au 1er octobre. Cette décision va accroître davantage le recours aux enseignants contractuels, précarisant les personnels tant du point de vue de leur rémunération que de leur droit à la formation et leur stabilité professionnelle.
Dès à présent, nous, FSU-SNUipp, SE-UNSA, SNUDI-FO, CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, CGT Éduc’action, SNALC, SUD éducation, exigeons l’abandon du concours spécial et demandons que le recours aux LC puisse avoir lieu tout au long de l’année scolaire.
Paris, le 11 mai 2026
QUINZAINE UNIVERSITAIRE n°1513

ÉDITO : DEMANDEZ LE PROGRAMME !
Jean-Rémi Girard
Président du SNALC
L’étude des différents programmes dans l’Éducation nationale est pleine d’enseignements. Tout d’abord, la question du rythme de publications : les programmes changent de plus en plus fréquemment. Et il ne s’agit pas ici de s’adapter aux évolutions de la science ou de la société — des ajustements suffiraient — ou de rattraper de graves erreurs du passé : les changements de programmes semblent relever de l’occupationnel du ministère. On n’a pas d’argent ? Changeons le programme !
Or, derrière un changement de programme, c’est toute une vision du système éducatif qui transparaît. Les précédents programmes de l’école et du collège fonctionnaient par cycles de 3 ans afin de forcer la réalisation de la liaison école/collège, de rattacher le collège à l’école plutôt qu’au lycée dans le projet d’une école du socle commun. Et peu importe l’impossibilité matérielle de ce projet, la complexité de gérer une répartition entre un collège et de nombreuses écoles rattachées, entre public et privé, ou la nécessité a posteriori de reconstruire des programmes annuels pour pouvoir tout simplement enseigner. [Lire la suite]
DOSSIER DU MOIS :
SANTÉ DES JEUNES : L’EPS COMME SOLUTION ?
05 | Santé physique : des jeunes déjà vieux !
05 | Santé physique : revoir le tout culturel en EPS !
06 | Santé mentale des jeunes : l’EPS a sa place
06 | Santé, sommeil et EPS
07 | Santé mentale et EPS : ce qu’explique la biologie
07 | L’EPS, facteur X de la santé ?
SYSTÈME ÉDUCATIF
08 | De l’importance d’enseigner
08 | Évaluation des écoles et EPLE : le SNALC alerte sur une dérive technocratique et managériale
09 | Calendrier et rythme : ne vous précipitez pas !
09 | Convention MEN – MEDEF – Voie Pro : entre engagements et incohérences
10 | Lycée 4.0 : une honte pédagogique et budgétaire
CONDITIONS DE TRAVAIL
12 | Diversité et égalité professionnelle : derrière les labels, le réel
13 | Déclassement : les femmes en première ligne
13 | Nouveau vade-mecum Agir contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations : une ressource indispensable
14 | Conditions d’exercice des AESH : le SNALC réclame un statut plutôt que des statistiques
LES PERSONNELS
14 | Nouveau report de la subrogation ou l’apogée du mépris
15 | Rétroactivité des indemnités REP/REP + : AED et AESH sacrifiés par une décision du Conseil d’État
15 | Confiez votre mutation au SNALC, pas à l’IA
16 | Ne l’oubliez pas !
16 | Obligations de service des Enseignants du Supérieur : 384 heures, vraiment ?
17 | Déclaration d’impôts : le SNALC vous guide

Afin d’être au plus près de vos attentes et de vous informer au mieux, la revue du SNALC a évolué dès cette rentrée, avec désormais deux numéros mensuels au lieu d’un : l’un centré sur le second degré et le supérieur, et le second sur les problématiques spécifiques de l’école primaire.
QUINZAINE UNIVERSITAIRE n°1513 – école

ÉDITO : DES BUGS DANS LES PROGRAMMES
J-Rémi Girard
Président du SNALC
L’étude des différents programmes dans l’Éducation nationale est pleine d’enseignements. Tout d’abord, la question du rythme de publications : les programmes changent de plus en plus fréquemment. Et il ne s’agit pas ici de s’adapter aux évolutions de la science ou de la société — des ajustements suffiraient — ou de rattraper de graves erreurs du passé : les changements de programmes semblent relever de l’occupationnel du ministère. On n’a pas d’argent ? Changeons le programme !
Or, derrière un changement de programme, c’est toute une vision du système éducatif qui transparaît. Les précédents programmes de l’école et du collège fonctionnaient par cycles de 3 ans afin de forcer la réalisation de la liaison école/collège, de rattacher le collège à l’école plutôt qu’au lycée dans le projet d’une école du socle commun. Et peu importe l’impossibilité matérielle de ce projet, la complexité de gérer une répartition entre un collège et de nombreuses écoles rattachées, entre public et privé, ou la nécessité a posteriori de reconstruire des programmes annuels pour pouvoir tout simplement enseigner. [Lire la suite]
SOMMAIRE
04 | « Prof », la belle vie !
05 | Les enseignants seraient-ils des sous-fonctionnaires ?
05 | Aucun vœu obtenu, place à la balayette !
06 | Mouvement INTRA : quand le verdict tombe
06 | Questionnaires évaluations d’école : quand on touche le fond !
07 | Varicelle, gale : éviction ou pas ?
07 | Le redoublement, qui décide ?
08 | Climat scolaire 2025 : le premier degré face au mirage statistique
08 | Devenir PE en 2026
09 | L’occupation à titre thérapeutique : une reprise en douceur
09 | Ne l’oubliez pas !
10 | Une école à reconstruire : La semaine de quatre jours

Afin d’être au plus près de vos attentes et de vous informer au mieux, la revue du SNALC a évolué dès cette rentrée, avec désormais deux numéros mensuels au lieu d’un : l’un centré sur le second degré et le supérieur, et le second sur les problématiques spécifiques de l’école primaire.





