L’année 2018-2019 laisse sans aucun doute un goût amer. Confrontés à une attaque sans précédent contre la fonction publique, les agents de l’Éducation nationale ont vu s’abattre une nuée de réformes en tous genres. L’épuisement est réel, y compris sans doute chez les personnels du ministère et de ses directions générales, soumis à un calendrier effréné : programmes de lycée, agenda social, orientation, épreuves du bac, missions des AESH, loi BLANQUER, politique de l’orientation, formation continue imposée, académie de Normandie, place du concours, adaptation des classes préparatoires, bilan des évaluations CP-CE1… N’en jetez plus !
Le SNALC, syndicat de proposition et de dialogue, s’est souvent heurtĂ© Ă un mur. Très clairement, nous sommes dans une ère oĂ¹ l’on cherche Ă mettre de cĂ´tĂ© les corps intermĂ©diaires, sauf s’ils sont serviles. Ceux de l’Éducation nationale sont hĂ©las très affaiblis par des annĂ©es de mobilisation en pointillĂ©s qui tendent Ă dĂ©courager les collègues. Il est ainsi aisĂ© de prĂ©parer des rĂ©formes « clef en main » dont les principes sont assĂ©nĂ©s sans qu’aucun Ă©change rĂ©el ne permette de les remettre en cause. En effet, quelles consĂ©quences pourrait bien craindre le politique, quand il voit que tout passe sans heurts vĂ©ritables ? Hormis les enseignants de classes prĂ©pa en 2013, qui peut prĂ©tendre avoir obtenu quoi que ce soit par le mouvement social au XXIe siècle dans notre ministère ?
Jean-Rémi GIRARD, président national du SNALC depuis 2018

Le SNALC se bat sur tous les dossiers. Mais pour un programme de physique-chimie correct, faut-il applaudir à la casse du concours et à celle du statut ? Pour une très légère amélioration des conditions de travail des AESH, faut-il se féliciter du maintien de leur précarité et de la faiblesse de leur rémunération ?
La grève au moment du baccalauréat n’a visiblement pas suffi. Pourtant, ce n’est pas tous les jours qu’autant d’organisations et de collectifs se mettent d’accord sur une action de cette ampleur. Fi ! Le ministre s’est contenté d’annoncer des taux de participation insultants dans le cadre d’une communication démagogique et mensongère. Et à l’année prochaine pour une saison pleine de rebondissements, avec notamment un « observatoire de la rémunération des professeurs » (ce mépris ! mais ce mépris !). Ou bien encore avec une réforme du brevet pour prendre en compte « les enjeux civiques ». Les collègues de collège digèrent encore la réforme précédente : on ne pourrait pas les laisser tranquilles ?
Le SNALC ne s’avoue pas vaincu pour autant. Plus que jamais, les personnels ont besoin d’une organisation syndicale qui porte une vision d’ensemble du système Ă©ducatif tout en dĂ©fendant individuellement chacune et chacun d’entre nous. Quel que soit votre mĂ©tier, vous pouvez compter sur nos Ă©lus pour porter votre parole. De l’école au supĂ©rieur, le SNALC est lĂ pour dĂ©fendre vos conditions matĂ©rielles et morales. C’est notre unique raison d’exister. Et nous mettrons tout en oeuvre pour qu’en 2019- 2020, nous continuions de mĂ©riter votre confiance. La vraie confiance ; pas celle qui s’affiche sur le papier Ă en-tĂªte du ministère.
Le président national,
Jean-RĂ©mi GIRARDÂ
le 5 juillet 2019
