Concours général des collèges : consultation du 13 mai 2026

Réunion avec la DGESCO

Compte rendu du SNALC du 13 mai 2026

LE THÈME

Le Ministère (Bureau des collèges de la DGESCO et Inspection Générale) présente les contours du futur concours général et recueille l’avis des syndicats.

L’ESSENTIEL

Le Ministre souhaite proposer un concours général, inspiré de celui existant au lycée, mais avec des objectifs spécifiquement adaptés au collège. L’ambition est de donner envie aux collégiens, quel que soit leur profil, de participer et de valoriser leur potentiel. Un palmarès départemental sera établi et donnera lieu à une cérémonie de remise des prix. Le Ministre souhaite garantir une parité de participation entre filles et garçons pour chaque épreuve, dans chaque établissement.

Ce concours comportera cinq épreuves : raisonnement scientifique et mathématiques, écriture créative et littéraire, histoire ou géographie, création artistique bidimensionnelle, et informatique et technologies d’avenir. Ces épreuves s’appuieront sur les programmes de troisième, mais un niveau d’exigence supérieur sera attendu. Elles se distinguent du DNB et valorisent notamment les compétences rédactionnelles des élèves.

L’objectif est d’atteindre 10 % des élèves de troisième. La première édition aura lieu en janvier ou février 2027. Les épreuves se dérouleront sur le temps scolaire, et chaque élève ne pourra s’inscrire qu’à une seule épreuve, afin de ne pas allonger excessivement les plages horaires.

LE SNALC A INSISTÉ SUR
  • À l’heure où le collège rencontre des difficultés majeures, l’urgence porte sur les postes, les effectifs et les conditions de travail. Ce concours général est perçu comme un gadget.
  • L’objectif de participation fixé à 10 % est très ambitieux. Il faut veiller à ce que l’application stricte de la parité ne prive pas des filles ou des garçons motivés de la possibilité de participer.
  • Organiser ce concours sur temps scolaire n’exclut pas la convocation de collègues pour la surveillance sur des heures où ils n’assurent normalement pas de cours. Il est donc nécessaire de prévoir une note de service précisant explicitement la rémunération qui leur sera attribuée.
L’AVIS DU SNALC

Le SNALC entend la volonté de rendre la connaissance plus motivante et reconnaît que les épreuves proposées ont fait l’objet d’une réflexion approfondie. Le ministère ne s’interdit d’ailleurs pas de retravailler ces épreuves, par exemple en y intégrant les langues. Cependant, pour le SNALC, ce n’est pas la priorité dans un système éducatif actuellement en crise. Les préoccupations du ministère devraient d’abord porter sur la question des salaires et sur l’amélioration des conditions de travail.


Non au CRPE spécial ! (communiqué intersyndical)

NON AU CRPE SPÉCIAL !

OUI AU RECRUTEMENT DES LISTES COMPLÉMENTAIRES !

Il y a plus d’un an le ministère faisait le choix de modifier par décret les conditions de recrutement et de formation des corps enseignants, et du personnel d’éducation. Cette réforme engagée à la hâte qui modifie profondément la formation des enseignants et personnels d’éducation contient deux dispositions unanimement contestées :

Par la création d’un concours externe spécial réservé aux candidats issus de la licence Professorat des Écoles (LPE), le ministère crée une différence de traitement selon la licence obtenue. Nous dénonçons cette discrimination entre les étudiants que constitue l’existence de deux concours externes avec des épreuves et un nombre de places proposées différentes, renforcée par le fait que 20% des départements ne proposent pas de LPE. Le CRPE doit rester un concours qui réponde au principe d’égalité d’accès à la Fonction publique.

Le décret d’avril 2025 acte également l’impossibilité de recourir à la liste complémentaire à partir d’un mois après le début de la formation, soit au 1er octobre. Cette décision va accroître davantage le recours aux enseignants contractuels, précarisant les personnels tant du point de vue de leur rémunération que de leur droit à la formation et leur stabilité professionnelle.

Dès à présent, nous, FSU-SNUipp, SE-UNSA, SNUDI-FO, CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, CGT Éduc’action, SNALC, SUD éducation, exigeons l’abandon du concours spécial et demandons que le recours aux LC puisse avoir lieu tout au long de l’année scolaire.

Paris, le 11 mai 2026


QUINZAINE UNIVERSITAIRE n°1513

SNALC congres Strasbourg mai 2023 - Photo Philippe Sautier (3)

Jean-Rémi Girard
Président du SNALC

L’étude des différents programmes dans l’Éducation nationale est pleine d’enseignements. Tout d’abord, la question du rythme de publications : les programmes changent de plus en plus fréquemment. Et il ne s’agit pas ici de s’adapter aux évolutions de la science ou de la société — des ajustements suffiraient — ou de rattraper de graves erreurs du passé : les changements de programmes semblent relever de l’occupationnel du ministère. On n’a pas d’argent ? Changeons le programme !

Or, derrière un changement de programme, c’est toute une vision du système éducatif qui transparaît. Les précédents programmes de l’école et du collège fonctionnaient par cycles de 3 ans afin de forcer la réalisation de la liaison école/collège, de rattacher le collège à l’école plutôt qu’au lycée dans le projet d’une école du socle commun. Et peu importe l’impossibilité matérielle de ce projet, la complexité de gérer une répartition entre un collège et de nombreuses écoles rattachées, entre public et privé, ou la nécessité a posteriori de reconstruire des programmes annuels pour pouvoir tout simplement enseigner. [Lire la suite]

Afin d’être au plus près de vos attentes et de vous informer au mieux, la revue du SNALC a évolué dès cette rentrée, avec désormais deux numéros mensuels au lieu d’un : l’un centré sur le second degré et le supérieur, et le second sur les problématiques spécifiques de l’école primaire.


QUINZAINE UNIVERSITAIRE n°1513 – école

SNALC congres Strasbourg mai 2023 - Photo Philippe Sautier (3)

J-Rémi Girard
Président du SNALC

L’étude des différents programmes dans l’Éducation nationale est pleine d’enseignements. Tout d’abord, la question du rythme de publications : les programmes changent de plus en plus fréquemment. Et il ne s’agit pas ici de s’adapter aux évolutions de la science ou de la société — des ajustements suffiraient — ou de rattraper de graves erreurs du passé : les changements de programmes semblent relever de l’occupationnel du ministère. On n’a pas d’argent ? Changeons le programme !

Or, derrière un changement de programme, c’est toute une vision du système éducatif qui transparaît. Les précédents programmes de l’école et du collège fonctionnaient par cycles de 3 ans afin de forcer la réalisation de la liaison école/collège, de rattacher le collège à l’école plutôt qu’au lycée dans le projet d’une école du socle commun. Et peu importe l’impossibilité matérielle de ce projet, la complexité de gérer une répartition entre un collège et de nombreuses écoles rattachées, entre public et privé, ou la nécessité a posteriori de reconstruire des programmes annuels pour pouvoir tout simplement enseigner. [Lire la suite]

Afin d’être au plus près de vos attentes et de vous informer au mieux, la revue du SNALC a évolué dès cette rentrée, avec désormais deux numéros mensuels au lieu d’un : l’un centré sur le second degré et le supérieur, et le second sur les problématiques spécifiques de l’école primaire.

 


Manuels scolaires : compte rendu du 4 mai 2026

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Réunion avec l’Inspection générale

Compte rendu du SNALC du 4 mai 2026

LE THÈME

Une mission a été confiée à l’Inspection générale (IGESR) portant sur les manuels scolaires.

L’ESSENTIEL

Après avoir auditionné des personnels variés sur le terrain, mené une enquête ayant recueilli plusieurs milliers de réponses, puis entendu des chercheurs et des représentants des collectivités locales, l’IGESR réunit aujourd’hui les organisations syndicales autour des points suivants :

  • L’utilisation des manuels et autres ressources par les enseignants (y compris les fichiers) ;
  • Les manuels numériques ;
  • La labellisation des manuels ;
  • Les relations avec les éditeurs et les collectivités territoriales concernant les manuels.
LE SNALC A INSISTÉ SUR
  • En s’appuyant sur une enquête antérieure, le SNALC a rappelé que les professeurs, dans la préparation de leurs cours, utilisent des supports variés (recherche documentaire en ligne ou non, manuels scolaires, etc.). Le manuel n’est qu’un outil parmi d’autres, et non un guide unique ou incontournable de la progression pédagogique. Les manuels doivent être mis à disposition des professeurs et des élèves, mais leur utilisation ne saurait être imposée, ni par une labellisation ni par aucun autre moyen.
  • Par ailleurs, les fichiers sont utilisés par de nombreux collègues du premier degré ; toutefois, les financements actuels ne permettent pas d’équiper chaque élève chaque année. Imposer certains fichiers constituerait une atteinte inacceptable à la liberté pédagogique.
  • Il est préoccupant de constater que certaines régions imposent le numérique, parfois pour des raisons d’affichage politique ou d’économie, au détriment d’une prise en compte réelle des besoins. Pour le SNALC, c’est à partir des besoins concrets du terrain qu’il convient d’agir.
  • Le SNALC n’a pas de relations directes avec les éditeurs. Nous rencontrons les collectivités locales dans le cadre de diverses instances académiques ou départementales, ou lors des conseils d’administration. Les échanges avec les mairies interviennent principalement lorsque le syndicat agit pour empêcher une fermeture de classe ; les manuels scolaires ne font généralement pas partie de ces discussions.
L’AVIS DU SNALC

Face à une Inspection ayant mené un réel travail de terrain, dont l’objectif ne paraît pas être de soutenir l’imposition ni la labellisation des manuels, le SNALC a pu porter un message centré sur les attentes des collègues, concepteurs de leurs cours, et insister sur l’importance de leur donner les moyens d’exercer pleinement leur métier.


Déclaration d’impôts : le SNALC vous guide

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Chaque année, la période de déclaration de revenus soulève de nombreuses questions pour les personnels de l’Éducation nationale. Entre abattement forfaitaire et frais réels, nouveautés, démarches à suivre et précautions à prendre, le SNALC vous guide pour optimiser votre déclaration en toute sérénité.

ABATTEMENT FORFAITAIRE OU FRAIS RÉELS : COMMENT DÉCIDER ?

Par défaut, l’administration fiscale applique une réduction automatique de 10 % sur le montant des salaires déclarés, destinée à couvrir les dépenses professionnelles courantes. Cependant, si vos dépenses exclusivement professionnelles dépassent cette limite, il est alors pertinent d’opter pour la déclaration des frais réels. Ce choix nécessite de lister et de justifier toutes les sommes engagées (justificatifs à conserver 3 ans), mais peut diminuer votre revenu imposable.

Pour passer aux frais réels, il faut cocher, dans la section « Traitements et salaires », la mention relative à la renonciation à l’abattement de 10 % et renseigner le montant global des frais réels en case 1AK (ou 1BK). Le SNALC vous conseille de commenter vos dépenses dans l’espace prévu : cela témoigne de votre bonne foi et peut faciliter l’analyse de l’administration.

Parmi les dépenses régulièrement concernées chez les personnels de l’Éducation nationale, on trouve :

  • La cotisation au SNALC: 66 % sont déductibles ou ouvrent droit à un crédit d’impôt si vous êtes non imposable. Aux frais réels, indiquez le montant total. Une demande de duplicata de reçu fiscal peut être faite via notre formulaire: https://snalc.fr/contact-recu-fiscal/
  • Les frais de transport domicile-travail (barème kilométrique officiel, dans la limite de 80 km aller-retour/jour – sauf justificatifs spécifiques), parking et péage ;
  • Les repas pris sur le lieu de travail lorsque le retour au domicile est impossible ou non envisagé, avec des règles précises selon la présence ou non d’une restauration collective ;
  • Les achats à usage exclusivement professionnel : matériel informatique ; fournitures pédagogiques ; documentation, abonnements…

Au sujet des vêtements professionnels : tous les équipements de protection individuelle (EPI) et leur entretien sont à la charge de l’employeur. Donc, aucun agent ne devrait avoir de frais professionnels de protection. La fourniture des EPI par l’employeur ne concerne pas seulement les PLP en atelier, mais aussi les professeurs d’EPS et les personnels qui exercent dans un laboratoire. Pour en savoir plus : https://snalc.fr/equipements-de-protection-individuels-epi-des-plp-cest-bien-letablissement-qui-paie/

  • Les frais liés à une double résidence en cas de mutation, ou à un déménagement pour des raisons professionnelles ;
  • Les frais engagés pour la préparation de concours, d’une certification ou pour la formation continue, utiles à la progression ou à l’exercice du métier (déplacements, hébergements, achats de livres, frais d’inscription…) ;
  • Les frais d’adhésion à des associations professionnelles ou disciplinaires ;
  • Une partie des frais d’un bureau à domicile: en l’absence de bureau mis à disposition par l’établissement, vous pouvez déduire une partie des dépenses liées à votre logement (loyer, électricité, assurance…), proportionnellement à la surface et à l’usage professionnel de la pièce dédiée.

Pour vous aider dans votre choix, obtenir une indication du montant de l’impôt, des frais kilométriques, du prélèvement à la source… l’administration fiscale propose plusieurs simulateurs : https://www.impots.gouv.fr/simulateurs

POINTS DE VIGILANCE ET NOUVEAUTÉS 2026

En cas de remboursement de certains frais par l’employeur (ex : de transports en commun, déménagement), seules les dépenses restant effectivement à votre charge peuvent être intégrées en frais réels.

Frais de garde d’enfants de moins de 6 ans : le plafond des dépenses est relevé à 3 750 € par enfant (au lieu de 3 500 €). La majoration de parts pour enfant handicapé est augmentée à 1 part pour chaque enfant concerné (contre 0,5 auparavant).

Heures supplémentaires (HSA, HSE), indemnités IMP : le montant des HS exonérées à déclarer correspond au net et non au brut. L’attestation fiscale des revenus 2025 affiche le montant net des heures supplémentaires. Si ce n’était pas le cas, pour convertir un montant brut, multipliez par 0,93319. Ce montant net devra être indiqué en 1GH ou 1HH, dans la limite de 7 500 € par an. Au-delà, l’excédent est reporté dans les revenus imposables (1AJ ou 1BJ).

La déclaration automatique et préremplie est encore renforcée cette année : l’administration dispose déjà des informations nécessaires. Le SNALC vous conseille de vérifier tout de même que le montant des revenus imposables – prérempli dans votre déclaration – ne réintègre pas des sommes déjà exonérées…

DATES LIMITES DE LA DÉCLARATION D’IMPÔTS 2026
Départements 01 à 19 et non-résidents Jeudi 21 mai 2026
Départements 20 à 54 Jeudi 28 mai 2026
Départements 55 à 974 et 976 Jeudi 4 juin 2026


Atelier démographie : compte rendu du 21 avril 2026

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Atelier ministériel avec les organisations représentatives

Compte rendu du SNALC du 21 avril 2026

Réunion présidée par le ministre. 3 autres réunions prévues d’ici septembre : démographie des personnels, conditions d’enseignement, allocation (pluriannuelle) des moyens.

Atelier n°1 : Baisse démographique de la population scolaire et anticipation des évolutions de l’offre scolaire

LE THÈME

L’évolution des effectifs élèves à l’horizon 2035.

L’ESSENTIEL

Présentation des projections à l’horizon 2035 des effectifs premier et second degrés, avec détails sur les académies, départements et différents niveaux du système éducatif (voir ci-dessous).

Une quinzaine de départements (non encore déterminés) devraient se lancer dans une forme d’expérimentation pour réfléchir à l’allocation et à la répartition des moyens (voir ci-dessous).

LE SNALC A INSISTÉ SUR
  • La démographie n’est pas une fatalité : l’état de l’École fait partie des facteurs, et il faudrait améliorer les conditions de travail, baisser la taille des classes, revoir le fonctionnement de l’école inclusive.
  • Ce n’est pas parce qu’il y aura moins d’élèves qu’il faut conserver le même taux d’encadrement. L’École est aussi un sujet politique, et non uniquement démographique. La preuve : on a supprimé des milliers de postes dans le second degré alors que le nombre d’élèves augmentait.
L’AVIS DU SNALC

Le travail de projection effectué est de qualité, mais la question pour le SNALC est de savoir ce qu’on va en faire.

Pour le SNALC, la baisse en cours de la démographie, qui devrait se poursuivre, doit permettre une amélioration des conditions de travail des personnels et des élèves.

Or, on voit bien que les réflexions à court terme n’ont jusqu’à présent pas pris ce chemin, notamment dans le second degré où l’on a repris, pour la rentrée 2026, 100 % des postes correspondant à la baisse démographique (donc aucune amélioration au niveau national).

Il faut réfléchir sur l’École qu’on veut pour le pays, et non partir de l’École qu’on a, car l’École qu’on a est en grave crise et ne peut continuer ainsi.

Liste des 18 départements expérimentateurs d’un changement de méthode dans la construction de la carte scolaire à compter de la RS 2027, répartis dans 17 académies et représentatifs de la diversité des territoires français, de la métropole aux Outre-mer, à savoir : l’Aisne, les Hautes-Alpes, le Cantal, la Charente, les Côtes-d’Armor, le Doubs, la Drôme, le Finistère, la Gironde, l’Indre, la Loire-Atlantique, la Manche, la Meurthe-et-Moselle, le Pas-de-Calais, la Saône-et-Loire, les Yvelines, le Tarn-et-Garonne et la Martinique.


Mutation Wallis, Nouvelle-Calédonie 2027

Personnels Personnels
Mouvement Affectation à Wallis-et-Futuna des personnels enseignants du second degré, d’éducation et psychologues de l’éducation nationale – Rentrée scolaire de février 2027 Note de service du 27-3-2026 (NOR : MENH2605015N)
Mouvement Mise à disposition de la Nouvelle-Calédonie des personnels enseignants du second degré, d’éducation et psychologues de l’éducation nationale – Rentrée scolaire de février 2027 Note de service du 27-3-2026 (NOR : MENH2605384N)


Sud Radio – Lynchage d’un professeur : Rien ne justifie la violence

« Je rappelle que pour le SNALC, rien ne justifie qu’on lève la main sur un agent dépositaire de l’autorité publique. Je le dis et je le répète en boucle, parce qu’il faut que ça rentre dans la tête des citoyens français.»
Karim El Ouardi
Président du SNALC Montpellier

Un enseignant agressé, des élèves filmeurs complices : face à ce qu’il qualifie de “lynchage pur et dur” à Montpellier, Karim El Ouardi, président du SNALC, ne mâche pas ses mots sur Sud Radio. Entre autodéfense légitime et effondrement de l’autorité, il réclame des sanctions exemplaires et lance un appel urgent à la responsabilisation de tous.

Karim El Ouardi, président du SNALC Montpellier, est l’invité de Sud Radio le 13 avril 2026.

« Et pour le SNALC, cet enseignant a eu un geste proportionné d’autodéfense face à un lynchage ; celui des élèves est totalement disproportionné.»
Karim El Ouardi
Président du SNALC Montpellier

Sud Radio – Patrick Roger
Il est 7h14, c’est à la une : une enquête ouverte après une bagarre entre un professeur et des élèves d’un lycée. Ça s’est passé à Montpellier, avec cet enseignant qui s’est battu parce que des élèves faisaient trop de bruit dans un couloir. Il a voulu qu’ils aillent plus loin et puis il a sorti son téléphone pour les filmer. D’où cette bagarre. Nous sommes avec Karim El Ouardi, le président du syndicat des lycées et collèges pour l’académie de Montpellier. Bonjour.

SNALC – Karim El Ouardi
Bonjour monsieur Roger. Bonjour à toutes et à tous.

Sud Radio – Patrick Roger
J’ai résumé ce qui s’est passé. C’est ce que l’on sait pour l’instant de ce qui s’est passé, justement, parce qu’il y a une enquête qui est ouverte, notamment par le… Une enquête est ouverte pour, évidemment, essayer de savoir précisément.

SNALC – Karim El Ouardi
Alors, vous avez mal présenté les choses, mais c’est normal, vous êtes à distance. Vous parlez de bagarre. En tout premier lieu, je voudrais quand même, au nom du SNALC, saluer le courage, premièrement, de l’AESH, une AESH prénommée Amel qui est intervenue pour mettre fin au lynchage. Alors certains parlent d’altercation, moi je suis désolé, il s’agit d’un lynchage pur et dur. Et pour le SNALC, cet enseignant a eu un geste proportionné d’autodéfense face à un lynchage ; celui des élèves est totalement disproportionné. Et le SNALC, quand même, pointe du doigt la lâcheté, la couardise des élèves qui filment et qui rient, ce qui les rend complices. Et à ce titre, le SNALC réclame des sanctions exemplaires, à la fois pour les auteurs des actes de violence, qui sont illégitimes, et des sanctions exemplaires envers les élèves qui filment. Je rappelle que pour le SNALC, rien ne justifie qu’on lève la main sur un agent dépositaire de l’autorité publique. Je le dis et je le répète en boucle, parce qu’il faut que ça rentre dans la tête des citoyens français.

« Il faut repartir d’un premier point, qui est celui du courage de cet enseignant. N’importe qui serait passé, la tête baissée, et aurait laissé le bordel se généraliser. »
Karim El Ouardi
Président du SNALC Montpellier

Sud Radio – Patrick Roger
Oui, mais sur ce qui s’est passé, qu’est-ce que l’on sait ? C’est ce que j’ai dit quand même, c’est-à-dire qu’il y avait des élèves dans un couloir qui faisaient en fait trop de bruit, et l’enseignant qui, lui, leur a demandé d’aller plus loin, et qui a dit « moi je vous filme sinon ». C’est ça, et puis les élèves qui lui sont tombés dessus, dites-nous.

SNALC – Karim El Ouardi
Il faut être précis dans les faits.

Sud Radio – Patrick Roger
Bien sûr, c’est pour ça que je vous pose la question.

SNALC – Karim El Ouardi
Voilà, je vous remercie de me laisser la parole. Je vous remercie de me poser cette question, parce qu’il y a des familles, des parents qui commentent, etc. Il faut repartir d’un premier point, qui est celui du courage de cet enseignant. N’importe qui serait passé, la tête baissée, et aurait laissé le bordel se généraliser. On réclame à des élèves de retirer leurs écouteurs, ils ne vous écoutent pas ; de rétablir du calme, ils ne vous écoutent pas. Qu’est-ce que vous faites ? Vous demandez l’identité de ces élèves, puisque vous ne pouvez plus rentrer dans un lycée sans présenter la carte région où se trouve votre identité. Les gamins la déclinent, ils refusent d’obtempérer. Donc cet enseignant a eu l’intelligence de dire : « Je vais prendre une photo pour la transmettre à la vie scolaire ». C’est là que les gamins pètent les plombs, qu’il y en a un qui commence à le tirer par le bras, à vouloir lui prendre le téléphone, l’autre qui lui met une pichenette sur les lunettes, donc les lunettes tombent à terre. Au moment où il se relève, il veut essayer de se défendre, et là s’ensuit un lynchage qui est scandaleux.

« Le SNALC rappelle que nous pouvons agir dès à présent en rappelant certaines règles. Les parents éduquent, les enseignants instruisent. »
Karim El Ouardi
Président du SNALC Montpellier

Sud Radio – Patrick Roger
Alors il y a eu l’annonce d’une enquête flash.

SNALC – Karim El Ouardi
Oui, pas que ça. Pas que ça.

Sud Radio – Patrick Roger
Mais notamment ça, et puis Édouard Geffray, le ministre, qui demande, lui, l’ouverture d’une enquête administrative. Qu’est-ce que vous lui répondez ? Qu’est-ce que vous répondez à ça ?

SNALC – Karim El Ouardi
Alors, moi, je tiens quand même à saluer la rapidité d’exécution des services académiques et ministériels, parce qu’ils ont diligenté une enquête flash, mais aussi, ils ont mandaté des équipes mobiles de sécurité pour ramener de la sécurité aux abords, puisque, vous le savez, il y a des lycéens qui appellent à un blocus, tous les lycéens de Montpellier qui appellent à un blocus. Moi, j’appelle les lycéens à rester chez eux à l’école, à étudier plutôt que d’aller foutre le bordel devant un établissement.

Moi, je tiens à saluer, pour une fois – ce n’est pas une habitude au SNALC – la sortie du ministre qui a réagi avec fermeté et qui a apporté son soutien à la communauté éducative. Alors c’est rare, je le dis, parce que pour une fois on a agi et on verra vendredi ce que dira l’enquête et ce que diront les inspecteurs.

Ce qui perturbe le SNALC, c’est que certains continuent de dire qu’on manque de moyens. Oui, certes, certes, certes. Je rappelle qu’on est dans un bon lycée de Montpellier. Alors oui, on pourra pendant 300 ans dire qu’il manque des moyens, mettre un AED pour chaque élève. Moi, je dis que le SNALC rappelle que nous pouvons agir dès à présent en rappelant certaines règles. Les parents éduquent, les enseignants instruisent. Et pour ceux qui n’ont pas de parents, il faut mettre en place des dispositifs de suivi avec des personnels médico-sociaux et des psychologues scolaires. Je le dis pour le SNALC, rien ne justifie la violence. Il faut mettre fin à la banalisation de cette violence. On peut faire des choses très rapidement, revoir les règlements intérieurs des établissements, lancer, grâce à vous et à tous les médias qui sont là depuis vendredi, un débat transpolitique, transpartisan, sur l’usage des smartphones et la connexion aux réseaux.

Il faut redonner au personnel de direction du temps pour les missions humaines, recevoir les gamins, recevoir les enseignants. Pour le SNALC, je le rappelle, l’école doit redevenir la priorité de la nation. Et cela passe en premier lieu par la sécurisation de ses agents : enseignants, AESH, AED, personnel de direction, psychologue scolaire, infirmiers, personnel de direction.

Le SNALC respectera les positions de chacun, mais il ne tolérera jamais que l’on trouve ou que l’on cherche des excuses. La violence n’a pas sa place et l’autorité, ça passe par le respect de chacun. Monsieur Roger, vous qui êtes certainement de ma génération, est-ce que vous pouvez imaginer que moi ou vous, on ait levé la main sur une enseignante dans les années 80 ou dans les années 90 ? Est-ce que vous pouvez l’imaginer ?

« Et j’en appelle à notre président de la République, il faut qu’il arrête son blabla sur les rythmes scolaires, sur la réduction des vacances, qu’il ramène de la sécurisation aux agents dépositaires de l’autorité publique. C’est une priorité. »
Karim El Ouardi
Président du SNALC Montpellier

Sud Radio – Patrick Roger
Ben non.

SNALC – Karim El Ouardi
Pourquoi, monsieur ? Parce que vous et moi, peut-être qu’on a été éduqués. Peut-être. Peut-être. Je me trompe. Peut-être qu’on se disait que le maître, c’est le symbole de l’autorité. Peut-être. Et pourquoi est-ce qu’aujourd’hui, on se permet de frapper des profs, de légitimer et, troisièmement, de filmer ? C’est un scandale, monsieur Roger. J’espère que dans les médias, à force de le redire et de le redire, on posera un débat public. Et j’en appelle à notre président de la République, il faut qu’il arrête son blabla sur les rythmes scolaires, sur la réduction des vacances, qu’il ramène de la sécurisation aux agents dépositaires de l’autorité publique. C’est une priorité. Et ensuite, il faut lancer un débat sur la santé mentale des élèves et des enfants depuis la sortie du Covid. Les gamins pètent les plombs dans des endroits où ils n’ont pas à les péter. Nous sommes dans le Sud. Il fait beau, il ne manque de rien. Donc on ne peut pas justifier l’injustifiable.

Sud Radio – Patrick Roger
Merci en tout cas pour cette prise de parole très claire, très cash, c’est du parlé vrai, c’est sur Sud Radio. Et on va suivre ça, Karim El Ouardi, évidemment, qu’on va suivre ce qui se passe du côté des résultats de l’enquête. Et on comprend complètement votre colère après ce qui s’est passé. Merci d’être intervenu ce matin sur Sud Radio.

« Pour le SNALC, je le rappelle, l’école doit redevenir la priorité de la nation. »
Karim El Ouardi
Président du SNALC Montpellier


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