QUINZAINE UNIVERSITAIRE n°1510 – école

ÉDITO : DE PLEIN FOUET
J-Rémi Girard
Président du SNALC
À l’heure où j’écris ce texte, le pronostic vital de notre collègue d’arts plastiques de Sanary-sur-Mer est toujours engagé. Le SNALC lui apporte tout son soutien ainsi qu’à sa famille, à ses proches et à l’ensemble des personnels de son établissement.
Pour le SNALC, il n’est pas question d’apporter des réponses simplistes, comme le font beaucoup de nos politiques qui dégainent leurs portiques de détection de métaux tel un réflexe pavlovien, même quand l’attaque n’a pas eu lieu dans l’établissement. Il s’agit pour nous de compatir avec les victimes, qui n’avaient jamais pensé pouvoir être tuées dans l’exercice de leur métier. Il s’agit de porter la parole d’une Éducation nationale qui souffre à en saigner, où la violence peut arriver n’importe où. [Lire la suite]
SOMMAIRE
04 | Des sentinelles à bout de souffle
05 | Problèmes financiers : premier sujet de saisine de la médiation
05 | Retenue sur salaire : faut-il s’inquiéter ?
06 | Salaires ou indemnités non perçus, que faire ?
06 | Rémunération : anticipez les trop-perçus !
07 | Temps de travail des enseignants : une réalité occultée
08 | Le congé de maladie ordinaire
09 | Le dispositif « passerelle » en chiffres
09 | Ne l’oubliez pas !
10 | Une école à reconstruire : l’échec de la scolarité adaptée

Afin d’être au plus près de vos attentes et de vous informer au mieux, la revue du SNALC a évolué dès cette rentrée, avec désormais deux numéros mensuels au lieu d’un : l’un centré sur le second degré et le supérieur, et le second sur les problématiques spécifiques de l’école primaire.
SQOOLTV — 4 000 postes supprimés : l’État ne sait pas compter !


Ce n’est pas une erreur — c’est un système. Lorsque le ministère de l’Éducation annonce 4 000 suppressions de postes, mais oublie 800 postes “réservés”, ce n’est pas un simple oubli : c’est la preuve que le compte n’est pas bon. Jean-Rémi Girard, président du SNALC, dévoile dans cette interview les coulisses d’un désastre programmé — où les chiffres mentent, les réformes masquent, et les élèves paient.
Jean-Rémi Girard, président du SNALC, est l’invité de SQOOL TV le 29 janvier 2026.

SQOOLTV – Virginie Guilhaume
[…] Combien de postes d’enseignants vont être supprimés à la rentrée prochaine ? Une question qui cristallise les tensions. On en parle avec le président du SNALC, Jean-Rémi Girard. Et je suis ravie d’accueillir Jean-Rémi Girard.[…]
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Je suis ravie d’accueillir Jean-Rémi Girard. Bonjour.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Bonjour.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Merci d’être avec nous. Vous êtes un fidèle de l’émission, enseignant et président du SNALC. On va parler aujourd’hui de la suppression de postes — une énorme confusion. On va replacer le contexte pour tous ceux qui nous suivent aujourd’hui. Donc, lundi, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a présenté un plan de suppression de postes enseignants bien supérieur à ce qui était prévu. Déjà, c’était un tollé total sur les chiffres de départ. Mais là, évidemment, un énorme tollé supplémentaire… pour finalement se raviser hier, si j’ai bien compris. Que s’est-il passé exactement ? Parce que moi, je suis perdu.
SNALC – Jean-Rémi Girard
C’est normal d’être perdu. Alors, moi, j’y étais lundi. Donc, effectivement, c’est plus facile pour moi de comprendre.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Du coup, vous avez vécu le moment du calcul… de se dire : “Premier degré, second degré, ça ne va pas du tout” ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Ça ne va pas, effectivement. En fait, ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il y avait le projet de loi de finances de l’automne dernier — qui est en gros ce qui est en train d’être voté par 49.3 — avec…
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Un peu sabré, quand même.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Voilà, avec 4 000 suppressions de postes d’enseignants. Ça, c’est le chiffre qu’on a toujours eu.
Et on arrive lundi au ministère de l’Éducation nationale pour un comité ministériel — une instance obligatoire où on doit présenter les chiffres de la rentrée. Et là, on découvre dans les documents qu’il y a 4 000 suppressions de postes… mais uniquement dans le public.
Sachant que, dans les chiffres du projet de loi de finances, c’est 4 000 avec l’enseignement privé. Donc, en fait, il y avait plus de 700 postes dans le privé et 3 000 et quelques dans le public.
Et là, on a 4 000… que dans le public. Mais on nous dit qu’il y a toujours des suppressions de postes dans le privé, pour autant. Donc, en fait, on arrivait à 4 700 suppressions de postes en tout.
Et on a passé des heures et des heures — mais vraiment, quand je dis des heures et des heures — à discuter avec le ministère. En leur demandant pourquoi ça ne correspond pas au projet de loi de finances, à ce qui est présenté aux députés… et qui, d’ailleurs, est l’objet du 49.3.
Il faut quand même qu’on soit d’accord : il faut qu’il y ait les mêmes chiffres partout.
Et ils étaient absolument incapables de nous expliquer pourquoi les tableaux qu’ils nous présentaient n’étaient pas ce qu’il y avait dans le projet de loi de finances.
En fait, on a fini par comprendre : c’est que le ministère avait gardé des postes — j’ai envie de dire « sous le coude » — un peu plus de 300 postes dans le primaire, un peu plus de 400 postes dans le secondaire.
Du fait de la réforme du concours et de la formation initiale — comme ils ne sont pas sûrs du rendement, parce que là, on est en phase de transition —, ils se sont dit : « Eh bien, on va garder des postes de côté, parce que si on n’a pas assez de gens qui passent le concours et qui sont en situation d’enseigner immédiatement, il faudra des postes pour compenser. »
Sauf que ces postes, ils avaient oublié de nous les mettre dans le tableau.
Donc, effectivement, les chiffres étaient faux.
Le ministère s’en est finalement rendu compte. Nous, on leur a dit : « On ne veut pas que vous gardiez des postes de côté. On veut que vous les répartissiez immédiatement entre les académies, pour avoir moins de suppressions de postes, moins de mesures de cartes scolaires. »
Parce qu’en fait, là, il y avait plus — finalement — de mesures de cartes scolaires et de suppressions de postes qui allaient avoir lieu dès maintenant. Pour les mutations aussi des enseignants, qui allaient être encore plus difficiles à faire.
Le ministre a fini par trancher… et par nous renvoyer les bons documents. Ça, c’était hier.
Voilà, hier, dans lesquels ils ont non seulement remis ces postes-là — qui existaient, en fait, mais qu’ils avaient juste oublié de nous mettre — et ils les ont répartis immédiatement entre les académies.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Pardon de faire des comptes d’apothicaire, mais moi, j’en étais à 700 — donc tout d’un coup, qui arrivait sur le marché en plus. Là, depuis hier, j’ai près de 800 postes d’enseignants qui seront finalement maintenus. Donc, ça veut dire 100 de moins dans les suppressions.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Alors non, non — en fait, c’est les fameux postes qu’ils avaient oubliés. C’était là… je crois — maintenant, je les connais par cœur, c’est horrible. Mais c’était 338 postes dans le premier degré, 438 postes dans le second degré. Donc, ça fait bien près de 800.
Mais en fait, tout ça, c’est toujours les 4 000 suppressions de postes du départ. Les chiffres du projet de loi de finances, les chiffres qu’ont eus les députés, sont les bons.
En réalité, ce sont les organisations syndicales représentatives — dont le SNALC — à qui on n’a pas fourni les bons chiffres. Et nous avons passé des heures à parler… sur des chiffres qui étaient faux.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Alors, mon esprit un peu torturé s’est dit : « Mais quand même… est-ce que ce n’est pas un coup de com’ ? » C’est-à-dire : grossir les chiffres tout d’un coup pour que tout le monde hurle, pour finalement se féliciter et se dire : « Ce n’est pas si grave, finalement, ça va, ça passe les 4 000. » Parce qu’en fait, le problème de base, on y est toujours : il y a quand même 4 000 suppressions de postes.
SNALC – Jean-Rémi Girard
C’est ça. Alors, on peut toujours l’imaginer. Là, véritablement — vu le niveau d’incompréhension des représentants du ministère qu’on avait en face — je ne crois pas qu’ils étaient en train de faire semblant et de le faire exprès. Ils étaient eux-mêmes en train de discuter les uns les autres, parce qu’eux-mêmes ne comprenaient pas, à un moment, les chiffres qu’ils nous présentaient.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Alors même qu’ils vous les présentaient.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Tout à fait. Mais effectivement, ils n’avaient pas les chiffres du PLF. Ils avaient tellement travaillé dessus qu’ils n’avaient même plus, finalement, les bonnes bases — j’allais dire — qu’ils avaient oublié les chiffres de base. Et ça ne marchait pas.
Donc, moi, je ne vais pas faire de procès d’intention là-dessus. Je ne crois pas. Il y a bien 4 000 suppressions de postes — qui est une catastrophe, une fois encore — parce qu’on a les classes parmi les plus chargées d’Europe, parce qu’on a une crise de recrutement des enseignants, que le métier n’est pas attractif, parce qu’on a les enseignants qui s’estiment les moins valorisés dans la société — de tous les pays de l’OCDE — en France.
Et supprimer des postes, c’est clairement pas ça qui va améliorer les conditions de travail d’un système en crise.

SNALC – Jean-Rémi Girard
Voilà. Ça peut être ça. Et là-dedans, on ne voit pas — en fait, parce qu’on a du quantitatif, pas ce qui se passe au niveau du qualitatif.
Par exemple : dans ces 4 000 suppressions de postes, on nous a annoncé — Sébastien Lecornu lui-même, le Premier ministre, a annoncé le 16 janvier dernier — qu’il y avait 2 000 emplois supplémentaires pour l’école inclusive. Grosse annonce.
Or, il y en a 1 200 qui étaient déjà prévus à l’automne. Il y en a 500 accompagnants d’élèves en situation de handicap, qui effectivement sont prévus en supplémentaire. Les 300 restants, ce sont 300 professeurs des écoles — essentiellement — qui en fait sont dans ces 4 000 suppressions.
C’est-à-dire qu’on va prendre 300 professeurs qui existent déjà… on va les mettre pour l’école inclusive, dans ce qu’on appelle des ULIS… mais du coup, on les prend de quelque part où ils exercent.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
D’accord. Donc, c’est une répartition différente — ce n’est pas un ajout.
SNALC – Jean-Rémi Girard
C’est ça. Non, ces 300-là, c’est juste une répartition différente.
Pareil : l’école inclusive, ce n’est même plus une expérimentation — c’est une généralisation.
Les pôles d’appui à la scolarité — les PAS —, c’est ce qui va gérer désormais les accompagnants d’élèves en situation de handicap. C’est le dispositif qui va gérer ça.
À la rentrée 2026, on nous a annoncé qu’il y en avait 1 000 qui se mettaient en place. Sachant qu’un PAS, c’est un enseignant qui ne s’occupe que du PAS — un coordonnateur qui est sur le PAS.
Mais ces 1 000-là… on n’a pas créé 1 000 emplois d’enseignants à mettre sur les PAS. On va juste prendre 1 000 enseignants qui sont dans des classes… et on va les mettre sur les PAS. Et ils ne seront plus dans des classes.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Mais enfin… c’est-à-dire : qu’on va les prendre — ça veut dire quoi ? Avec leur accord ? Avec quoi ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Alors, généralement, oui — de toute façon, avec leur accord. On ne peut pas forcer quelqu’un à coordonner un PAS.
Mais ça va être notamment des professeurs de l’enseignement spécialisé, des enseignants spécialisés — qui éventuellement exerçaient dans des structures spécialisées, qui exerçaient justement devant des élèves en situation de handicap — et qui maintenant vont faire de la coordination du PAS.
Et on ne sait pas très bien ce qui va se passer… si j’ai envie de dire… à la place.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Vous parlez d’inclusion… il y a eu quand même le statut des AESH qui a été rejeté — leur statut, rejeté récemment au Sénat. Donc, est-ce qu’il y a réellement une vraie volonté d’inclusion ? Ou encore une fois, cette nouvelle répartition n’est qu’une question de case ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
C’est énormément une question de case. Là, on est en train vraiment de créer des dispositifs de l’école inclusive — qui sont censés avoir des moyens supplémentaires… mais qui ne sont pas supplémentaires. Ils sont pris sur d’autres, en réalité.
Le SNALC fait partie d’une large intersyndicale pour la création d’un statut de fonctionnaire pour les AESH. Nous avons été reçus avant-hier par le cabinet du ministre. Nous allons commencer à travailler sur à quoi pourrait ressembler un statut pour les AESH.
Ça ne veut pas dire qu’il va se faire pour l’instant — puisque, de toute façon, ça dépend de la représentation nationale, qui, pour l’instant, l’a rejetée… mais ça va revenir. Un jour, ça va arriver.

SNALC – Jean-Rémi Girard
Voilà. Ça peut être ça. Et là-dedans, on ne voit pas — en fait, parce qu’on a du quantitatif, pas ce qui se passe au niveau du qualitatif.
Par exemple : dans ces 4 000 suppressions de postes, on nous a annoncé — Sébastien Lecornu lui-même, le Premier ministre, a annoncé le 16 janvier dernier — qu’il y avait 2 000 emplois supplémentaires pour l’école inclusive. Grosse annonce.
Or, il y en a 1 200 qui étaient déjà prévus à l’automne. Il y en a 500 accompagnants d’élèves en situation de handicap, qui effectivement sont prévus en supplémentaire. Les 300 restants, ce sont 300 professeurs des écoles — essentiellement — qui en fait sont dans ces 4 000 suppressions.
C’est-à-dire qu’on va prendre 300 professeurs qui existent déjà… on va les mettre pour l’école inclusive, dans ce qu’on appelle des ULIS… mais du coup, on les prend de quelque part où ils exercent.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
D’accord. Donc, c’est une répartition différente — ce n’est pas un ajout.
SNALC – Jean-Rémi Girard
C’est ça. Non, ces 300-là, c’est juste une répartition différente.
Pareil : l’école inclusive, ce n’est même plus une expérimentation — c’est une généralisation.
Les pôles d’appui à la scolarité — les PAS —, c’est ce qui va gérer désormais les accompagnants d’élèves en situation de handicap. C’est le dispositif qui va gérer ça.
À la rentrée 2026, on nous a annoncé qu’il y en avait 1 000 qui se mettaient en place. Sachant qu’un PAS, c’est un enseignant qui ne s’occupe que du PAS — un coordonnateur qui est sur le PAS.
Mais ces 1 000-là… on n’a pas créé 1 000 emplois d’enseignants à mettre sur les PAS. On va juste prendre 1 000 enseignants qui sont dans des classes… et on va les mettre sur les PAS. Et ils ne seront plus dans des classes.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Mais enfin… c’est-à-dire : qu’on va les prendre — ça veut dire quoi ? Avec leur accord ? Avec quoi ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Alors, généralement, oui — de toute façon, avec leur accord. On ne peut pas forcer quelqu’un à coordonner un PAS.
Mais ça va être notamment des professeurs de l’enseignement spécialisé, des enseignants spécialisés — qui éventuellement exerçaient dans des structures spécialisées, qui exerçaient justement devant des élèves en situation de handicap — et qui maintenant vont faire de la coordination du PAS.
Et on ne sait pas très bien ce qui va se passer… si j’ai envie de dire… à la place.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Vous parlez d’inclusion… il y a eu quand même le statut des AESH qui a été rejeté — leur statut, rejeté récemment au Sénat. Donc, est-ce qu’il y a réellement une vraie volonté d’inclusion ? Ou encore une fois, cette nouvelle répartition n’est qu’une question de case ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
C’est énormément une question de case. Là, on est en train vraiment de créer des dispositifs de l’école inclusive — qui sont censés avoir des moyens supplémentaires… mais qui ne sont pas supplémentaires. Ils sont pris sur d’autres, en réalité.
Le SNALC fait partie d’une large intersyndicale pour la création d’un statut de fonctionnaire pour les AESH. Nous avons été reçus avant-hier par le cabinet du ministre. Nous allons commencer à travailler sur à quoi pourrait ressembler un statut pour les AESH.
Ça ne veut pas dire qu’il va se faire pour l’instant — puisque, de toute façon, ça dépend de la représentation nationale, qui, pour l’instant, l’a rejetée… mais ça va revenir. Un jour, ça va arriver.

SQOOLTV – Virginie Guilhaume
À priori, bientôt — parce qu’entre les municipales et la présidentielle, il va se passer quand même des mouvements.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Pour nous, c’est le sens de l’histoire. On a près de 150 000 personnes maintenant — qui sont des personnes, j’allais dire — dont on a besoin pour le fonctionnement normal du système éducatif.
On ne peut pas continuer à avoir 150 000 contractuels… dont la plupart sont payés en dessous du seuil de pauvreté. Il faut créer un corps de fonctionnaires.
Mais on va commencer enfin à travailler dessus avec le ministère — pour réfléchir à tout ce que peut être un concours, une validation de l’expérience.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Jean-Rémi Girard, ça fait trois ans et demi que l’émission Le Grand JT existe. On en a parlé beaucoup du statut des AESH ici — notamment ensemble. Vous avez vous-même porté cette voix-là auprès des ministères.
Est-ce que c’est la première fois que vous êtes entendu sur ce sujet ? Pourquoi ça avance ? Ma question : pourquoi ça avance maintenant — et pas avant ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
C’est effectivement la première fois qu’on a une ouverture. Mais on voit aussi que des députés, des sénateurs… qui commencent à saisir de plus en plus la chose.
J’ai envie de dire que c’est quand même grâce au travail qu’on a fait aussi pour porter ce sujet — y compris médiatiquement — et je ne veux pas dire… au lobbying qu’on a fait auprès de la représentation nationale.
Pourquoi ça avance ? Parce que là, je crois, on est en train de se rendre compte que les AESH sont des personnels qui sont de plus en plus en grande souffrance.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Non, je le sais déjà — c’est dramatique depuis des années.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Oui, mais alors là, ça se sait de manière beaucoup plus large. Bien sûr, c’est dramatique depuis longtemps. Nous, on est les premiers à le savoir. Il a fallu en convaincre tout le monde — j’ai envie de dire.
Là, voilà : on commence à avoir un consensus sur le fait que ça ne va pas. Que ce métier — qui est un métier essentiel, et exercé dans des conditions déplorables, pour un salaire de misère — eh bien, je crois que là, la société, il faut qu’elle fasse de plus en plus entendre sa voix là-dessus.
On a une pétition intersyndicale qui a dépassé les 100 000 signatures. C’est gigantesque — pour une pétition syndicale de l’Éducation nationale. Voilà, je crois que c’est un sujet de société.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Je pense que si les Français avaient tous accès à cette pétition, évidemment, les chiffres auraient explosé.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Ils peuvent continuer de la signer. Ils vont sur notre site — ou sur le site des syndicats — ils peuvent la signer encore.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Par rapport aux professeurs qui vont continuer d’exercer — n’est-ce pas ? — qui ne seront pas amenés vers la retraite doucement, et donc non remplacés… est-ce qu’ils risquent des heures supplémentaires imposées ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Alors, il n’y aura pas plus d’heures supplémentaires cette année que l’année dernière — parce que, nous, dans les chiffres qu’on a, on a également le volet de ce qu’on appelle les HSA : les heures supplémentaires à l’année.
Et effectivement, on a un montant total d’HSA qui est stable.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Sauf que… Combien de pourcents, d’après ? Enfin, je ne sais pas… en termes d’heures.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Je ne sais plus à combien de pourcents on est dans le second degré en HSA — mais on a eu des périodes d’augmentation nette.
Alors, comme il y a 4 000 postes en moins, et que le nombre d’HSA ne change pas… en vrai, il y a un petit peu plus d’HSA par personne — puisqu’il y a moins de gens. Ça, c’est assez mathématique.
Mais le volume d’HSA, pour le coup, n’augmente pas.
En revanche, la répartition change un peu : il y en aura un peu plus, par exemple, à Versailles et à Créteil… un peu moins dans d’autres académies. Parce qu’à Versailles et à Créteil, on a du mal à trouver des enseignants — donc on essaye de faire faire plus d’heures à ceux qu’on a déjà.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
On a du mal à trouver les enseignants… et il y a plus d’enfants.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Et en plus, il y a plus d’enfants à Versailles et à Créteil.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Effectivement, on parle de niveau scolaire — parce que tout ça joue évidemment sur l’apprentissage de nos enfants, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes… peu importe. En tout cas, ce sont les élèves qui en pâtissent.
D’après les classements PISA 2025 de l’OCDE, la France est 23ᵉ sur 85. Est-ce que l’effondrement du niveau scolaire — dont on parle tant — est vraiment un effondrement de niveau ? Mais en tout cas, le niveau scolaire… est-ce qu’il risque de s’amplifier avec ce type de situation ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Ça va pas s’améliorer. C’est-à-dire qu’il y a sans aucun doute d’autres pays — et on le sait d’ailleurs — qu’il y a d’autres pays qui investissent nettement plus sur leur système éducatif que la France n’est en train de le faire sur le sien, à l’heure actuelle.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Alors que l’éducation est censée être une priorité du gouvernement.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Mais alors… la notion de “l’école, c’est une priorité”, “l’éducation, c’est une priorité” — moi, depuis que je suis représentant syndical, et même probablement depuis que je suis professeur… je pense que je l’entends tous les ans, depuis que j’exerce. Ça n’a jamais été une priorité.
À un moment, il faut arrêter de dire… il faut arrêter que les gens — j’ai envie de dire — qu’on arrête de nous prendre pour des idiots.
On le voit bien que ce n’est pas une priorité. Donc, arrêtez de nous dire que c’est une priorité. Dites-nous : “On a besoin de faire des économies — on en fait une partie chez vous.” Ce sera plus honnête.
Voilà. On préférerait au moins être traité avec honnêteté — sinon, être bien traité.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Arnaud Gallet et la députée Francesca Pasquini proposent une délégation aux droits de l’enfant dans chaque mairie à l’issue des municipales. C’est un enjeu des élections municipales — pour justement faire prévaloir les droits de l’enfant, et notamment, effectivement, en termes de scolarité et d’apprentissage.
Est-ce que vous êtes pour ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Alors, nous, on est pour qu’il se passe quelque chose. Nous, on est pour — en revanche — éviter le millefeuille.
C’est-à-dire : il y a déjà un défenseur des droits, il y a quelqu’un qui est en charge de l’enfance… mais pas au ministère de l’Éducation nationale.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Ce serait une verticalité.
SNALC – Jean-Rémi Girard
Le ministre a peut-être parlé d’un défenseur des droits de l’enfant au sein du ministère de l’Éducation nationale — pourquoi pas ?
Là, c’est l’idée de le faire au niveau des communes. À un moment, il ne faut pas non plus qu’on ait 40 défenseurs des droits de l’enfant partout. Il faut que… Parce qu’ensuite, les gens ne vont pas savoir auquel s’adresser non plus.
Donc, nous, on est tout à fait…
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Au sein de chaque mairie, c’est assez simple.
SNALC – Jean-Rémi Girard
C’est pour ça. Nous, on est tout à fait preneurs — pour que tout le monde se parle — et qu’à l’arrivée, on dise que le bon niveau pour avoir ces personnes, c’est celui-là.
Nous, on pense qu’il y a un niveau qu’il faut — parce qu’on pense qu’effectivement, il doit y avoir la transparence complète. Et que quand il y a des choses graves qui se passent, il faut que la vérité puisse sortir — il faut que la parole se libère.
C’est absolument essentiel — pour ensuite aussi éviter le soupçon sur tout le monde. D’ailleurs, parce que ça peut être des choses sur lesquelles nous, on peut souffrir — parce que finalement, il n’y a quasiment pas d’enseignants qui sont condamnés.
Pour ça, les derniers cas qu’il y a eu, c’était pour des animateurs du périscolaire.
Mais nous, on veut qu’on soit à zéro — c’est-à-dire que dès qu’un enseignant s’est reconnu qu’il n’est plus devant élève, il est viré de l’Éducation nationale — et c’est terminé.
Il faut que ce soit très clair — pour que justement, les parents n’aient pas de doute là-dessus.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
C’est-à-dire que la suspension est immédiate en cas de suspicion ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Oui. Alors, de toute façon, là — généralement — ils utilisent la suspension au ministère. On ne laisse pas quelqu’un qui est suspecté de ce genre de choses devant des élèves.
Il faut voir aussi que les personnels d’Éducation nationale — notamment les enseignants —, c’est les premiers à faire ce qu’on appelle des informations préoccupantes. C’est-à-dire qu’on est aussi partie prenante dans la manifestation de la vérité.
Parce qu’effectivement, des enfants qui sont agressés — que ce soit sexuellement, qu’ils soient harcelés, etc. —, c’est des choses où nous, on peut voir les signes… et on les fait remonter.
On est d’ailleurs tenu par notre statut de fonctionnaire — on est obligé de le faire. Et c’est important, nous-mêmes, que tout ça soit bien pris en compte.
Parfois, c’est compliqué — quand on est enseignant — de faire cette démarche. Parce qu’on a peur que ça puisse se retourner contre nous. Parce que parfois, on a une suspicion… mais on n’a pas forcément de preuves.
Il faut qu’on soit nous-mêmes, d’ailleurs, protégés — quand on fait ce travail-là.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Et formés ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Alors oui, ça, il faut qu’on soit formés — ça, on est bien d’accord.
Mais alors, la formation dans l’Éducation nationale… ce n’est pas avec les chiffres du budget qu’on a qu’on va l’améliorer.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Justement, la réforme de la formation initiale — ça, ça fait partie aussi de vos prérogatives la semaine, non ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
Oui, j’y étais ce matin.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Un petit mot ?
SNALC – Jean-Rémi Girard
C’est compliqué. Le mot, c’est que c’est compliqué — puisque là, on est dans une période de transition entre l’ancien système à bac +5 et le nouveau système avec bac +3.
Donc, on ne sait pas combien on va avoir d’enseignants — et de quel statut ils vont être, là, après les concours. Parce que des bac +5 peuvent passer le concours à bac +3… et eux, ils enseigneront. Mais ceux avec bac +3 n’enseigneront pas tout de suite à la rentrée prochaine — ils seront formés.
Donc, c’est un grand flou. Il y a encore énormément de questions qui se posent.
C’est à la fois une réforme qu’on travaille depuis très, très longtemps… mais en fait, on a eu des périodes — des périodes d’absence de dialogue gigantesque. Et là, d’un seul coup, il faut que ça aille très vite, très vite, très vite.
Ça dépend aussi de ce qui se passe à l’Assemblée nationale — parce que, de toute façon, ces concours et cette réforme sont suspendus à la validation — j’ai envie de dire — du budget. Si le budget n’est pas validé, il n’y aura pas de concours à bac +3.
Ce n’est pas l’hypothèse la plus probable — on l’a vu politiquement — mais ça peut arriver.
En tous les cas, ce n’est pas ça qui va changer la question de l’attractivité. On peut avoir une légère embellie — parce qu’on aura tout simplement, mathématiquement, plus de personnes qui peuvent présenter le concours — mais en réalité, ça ne va pas changer les conditions d’exercice du métier.
Nous, au SNALC, on dit que c’est la rémunération, les conditions d’exercice du métier, qui sont prioritaires — pour arriver, sur le long terme, en vérité, à améliorer. Ça passerait par une baisse de la taille des classes… et pour ça, il faut arrêter de supprimer 4 000 postes.

SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Voilà. On est dans le fameux cercle vicieux.
Jean-Rémi Girard, merci beaucoup. Et vous êtes venu sur le plateau du Grand JT — enseignant et aussi président du SNALC, le Syndicat National des Lycées, Collèges, Écoles et Supérieures.
C’est le A qui me manque.
SNALC – Jean-Rémi Girard
C’est le A de national.
SQOOLTV – Virginie Guilhaume
Merci à vous, Jean-Rémi Girard.

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Cet outil complet vous permet de comparer différentes hypothèses d’âge de départ, de modifier certaines périodes de votre parcours professionnel ou familial pour ajuster l’estimation, ou encore de simuler des modifications futures (changement d’indice, temps partiel…). Vous pourrez ensuite télécharger les estimations obtenues.
Le SNALC vous conseille de consulter régulièrement et sans attendre votre compte retraite en ligne pour suivre et compléter éventuellement votre relevé de carrière.
Article à paraître dans la revue du SNALC Quinzaine universitaire n°1510 du 13 février 2026
Pour une formation ambitieuse aux métiers d’art, sauvons le Brevet des Métiers d’Art ! (pétition)


Pour une formation ambitieuse aux métiers d’art, sauvons le Brevet des Métiers d’Art !
Le BMA (Brevet des Métiers d’Art), seule formation aux métiers d’art reconnue, se fonde sur une pratique technique approfondie, développée autour des cultures artistiques et du design. Ce diplôme de niveau 4, créé en 1963, permet d’approfondir la formation des artisans d’art après l’obtention d’un CAP.
La durée de formation, 2 ans de CAP et 2 ans de BMA, propose un temps minimal nécessaire à l’acquisition des savoirs et des savoir-faire, un temps également nécessaire à l’émancipation des élèves en tant qu’artisans d’art. Par ailleurs, ces 4 années permettent aux élèves de sortir plus matures de la formation, et d’accéder à des postes qui exigent de nombreuses responsabilités.
Envisagée dans un rapport non rendu public, la réforme vise à remplacer l’actuel cursus CAP et BMA (2 + 2) par un Brevet National des Métiers d’Art (BNMA) en seulement 3 ans. Dans sa note de présentation, la Dgesco (direction générale de l’enseignement scolaire) constate que « l’ensemble de la filière des métiers d’art (industrie du luxe et TPE-PME des métiers d’art) souffre d’un manque de main-d’œuvre qualifiée ». Paradoxalement, le ministère choisit d’affaiblir la qualification en réduisant le temps de formation et la nature de celle-ci. De plus, le BNMA se distinguerait du bac professionnel alors qu’il prend ses modalités d’épreuves et ses contenus en enseignement général.
Orientation complexifiée et suppression de postes
Le CAP, identifié par les familles, permettait de construire la culture des métiers d’art pour s’engager vers une formation BMA plus approfondie et spécifique. D’ailleurs, l’expérience menée dans certaines académies pilotes montre une carence importante dans le recrutement tout en laissant les équipes pédagogiques désemparées face à des élèves qui n’avaient pas compris le sens de la formation.
Pour ce BNMA, la procédure d’orientation et d’affectation en fin de troisième n’est pas claire et les dernières informations émanant du ministère restent floues et évoquent sans l’affirmer un dossier de candidature du collégien, avec lettre de motivation. L’affectation se faisant nationalement, on ne sait pas non plus comment se fera la sélection, car il s’agit bien d’une sélection opaque des candidats. Toutes les familles n’ont pas les moyens d’envoyer leur enfant de 14-15 ans à plusieurs centaines de kilomètres de chez elles. Moins demandées pour des raisons d’accessibilité, des sections seront probablement fermées et, dans les lycées préparant au BNMA, les CAP seront amenés à disparaître.
Pour les enseignants, cette réforme entraîne à la fois une perte du sens dans leur travail et des menaces sur leur emploi. Les enseignants, dont les postes vont être supprimés, vont se retrouver, compte tenu de la spécificité de leur discipline, sans possibilité de reclassement au sein d’un même type d’enseignement.
Émanciper les élèves
Les arts appliqués et l’enseignement artistique et culturel sont les grands perdants de cette réforme. L’adéquationnisme désiré par l’industrie du luxe impose une transformation de la filière en détruisant la dimension créative au bénéfice d’une formation exclusivement tournée vers la production. C’est une remise en cause fondamentale et historique du design et des arts appliqués comme disciplines émancipatrices.
Nous voulons pour nos élèves un niveau de formation ambitieux qui dépasse les intérêts exclusifs des multinationales du luxe. Les élèves ont besoin de temps pour réussir et s’émanciper dans ces métiers très exigeants. D’abord apprendre le geste puis le répéter pour le maîtriser, en développer de nouveaux. Découvrir la culture du métier, explorer l’histoire, les styles, les procédés de création pour ensuite expérimenter des possibles et réaliser in fine des projets de grande qualité. Cette exigence est celle qui répond le mieux aux besoins des artisans recruteurs. Aucun enseignement, technique, artistique ou général ne peut être délaissé si nous souhaitons voir nos élèves devenir des artisans accomplis.
Cette réforme a été menée tambour battant sans concertation avec les personnels, les organisations syndicales et les artisans d’art.
L’Éducation nationale n’a pas vocation à être au service de politiques adéquationnistes qui subordonnent la formation aux seuls besoins immédiats de quelques grandes entreprises.
Nous exigeons son retrait, le temps de construire un projet concerté et ambitieux pour les élèves, les personnels et les artisans d’art.
Le lycée professionnel doit garder sa mission émancipatrice de formation intégrale.
Lien vers la pétition : https://bit.ly/diplomeBMA
Enseignante poignardée : l’urgence d’agir

Communiqué de presse du SNALC du 5 février 2026
Le SNALC exprime tout son soutien à notre collègue, victime d’une tentative d’assassinat au couteau perpétrée en classe par un de ses élèves de 3e à Sanary-sur-Mer. Son pronostic vital demeure engagé et nous formons le vœu qu’elle puisse surmonter cette épreuve. Nos pensées accompagnent également sa famille, ses proches, ainsi que l’ensemble de nos collègues profondément bouleversés par ce drame.
Malheureusement, ce n’est pas la première fois qu’un tel drame se produit. Partout sur le territoire, la violence s’intensifie, exposant chaque jour davantage nos collègues. Aujourd’hui, la violence peut surgir partout, dissipant l’illusion d’un “établissement tranquille”. Le risque zéro n’existe certes pas, mais cela ne saurait justifier l’inaction face à l’accroissement quotidien des dangers auxquels nous sommes confrontés.
Pour le SNALC, la réponse n’est pas à chercher dans les annonces stériles ou les fausses solutions inadaptées aux réalités de nos écoles et établissements (portiques, fouilles, etc.). Alors que la violence s’insinue avec une inquiétante banalité dans la société et sur les écrans, nous en appelons à un indispensable réalisme :
- Un réalisme dans la prévention et l’éducation : Restaurer un environnement sécurisé et sécurisant impose d’y consacrer les moyens humains et financiers nécessaires, tant à l’École que dans l’accompagnement psychologique de nos élèves hors de l’École. La santé mentale de la jeunesse est un enjeu majeur. La prévention exige également la responsabilisation de tous : élèves, mais aussi parents et familles qui doivent pleinement assumer leur rôle éducatif ;
- Un réalisme dans les sanctions : L’éducation, si bienveillante soit-elle, requiert le respect d’un cadre clair et équitable pour chacun. Face à la gravité persistante des actes, il est temps de rompre avec la culture de l’excuse. Il convient d’afficher une véritable fermeté envers les agresseurs et d’apporter un soutien indéfectible aux victimes. Ce soutien doit être permanent, et pas uniquement quand un drame se produit.
Pour le SNALC, ce n’est qu’à ces conditions, et avec l’engagement de toute la société et de ses décideurs, que nous pourrons espérer retrouver un climat scolaire apaisé et garantir le respect de l’autorité des professionnels que nous sommes.
Des annonces ne suffisent plus : nous exigeons un statut maintenant (intersyndicale)

Communiqué intersyndical du 3 février 2026

Grâce à la mobilisation des AESH portée par l’Intersyndicale depuis le mois de mai 2025 au travers de journées de mobilisation et la mise en place d’une pétition dépassant les 100 000 signatures, c’est l’ensemble de la société civile, notamment des associations de parents et des parlementaires par diverses propositions de loi, qui s’est emparé de la question d’un nécessaire statut pour toutes et tous les AESH.
Après une demande déposée dès la mi-novembre, l’intersyndicale AESH a enfin été reçue par les ministères de l’Éducation nationale et de l’Agriculture le 27 janvier 2026.
Lors de cette audience, nous avons porté avec force la réalité vécue par les AESH et dénoncé une situation devenue intenable. Nous avons rappelé :
- l’extrême précarité des personnels, maintenus dans des contrats instables ;
- les temps incomplets et des salaires qui ne permettent pas de vivre dignement ;
- l’absence d’un véritable statut et de perspectives de carrière ;
- le mépris que traduisent certaines déclarations ministérielles, notamment la mise en concurrence inacceptable avec d’autres métiers de l’Éducation nationale ou certains propos tenus par le ministre ;
- la pénibilité importante et toujours non reconnue du métier : charge émotionnelle forte, accompagnements complexes, responsabilités croissantes, déplacements multiples, isolement professionnel, usure physique et psychique.
L’école inclusive ne peut pas reposer sur la précarité de près de 150 000 AESH, très majoritairement des femmes, dont le travail essentiel d’accompagnement reste invisibilisé et sous-rémunéré.
Nous avons réaffirmé une exigence claire : la création d’un véritable statut de fonctionnaire de catégorie B, garantissant un temps complet, un salaire décent, des droits et une reconnaissance professionnelle.
Nous demandons l’ouverture immédiate d’un cadre de négociation et la mise en place de groupes de travail concrets pour construire ce statut : temps de travail, missions, mobilité, grille indiciaire, conditions de travail.
Les ministères concernés annoncent de prochaines concertations et des travaux dans le cadre de la Conférence Nationale du Handicap, ainsi que la parution de prochains rapports et d’un nouveau cadre de gestion. Nous prenons acte de ces annonces, mais nous attendons désormais des actions rapides et des engagements fermes.
Les AESH n’ont que trop attendu. Il ne peut plus être question de promesses sans lendemain. L’intersyndicale restera pleinement mobilisée et vigilante. Seule la mobilisation collective permettra d’obtenir la reconnaissance et les droits que les AESH méritent.
Stagiaires : faites entendre votre voix !

Cette année scolaire est désormais bien entamée. Vous avez, chers collègues stagiaires, suivi aussi bien les formations disciplinaires que les formations transversales dispensées à l’INSPE. Vous disposez également désormais de plusieurs mois d’expérience au sein de votre établissement. Votre relation avec votre tuteur est maintenant bien établie, et vous avez sans doute déjà eu l’occasion d’échanger avec votre chef d’établissement ainsi qu’avec les autres membres de la communauté éducative.
Sur ces sujets, et sur bien d’autres encore, le SNALC souhaite vous écouter et porter votre parole. Comme nous l’avons fait en publiant Tout ce que vous n’apprendrez (peut-être) pas à l’INSPE, et comme nous le faisons depuis plusieurs mois au sein des groupes de travail ministériels sur la réforme de la formation initiale, nous nous engageons à tout mettre en œuvre pour améliorer tant les conditions de stage que la qualité de la formation.
C’est pourquoi nous vous proposons une enquête qui vous permettra de vous exprimer sur les différents aspects de l’année que vous vivez actuellement. Plus vous serez nombreux à répondre, plus les retours que nous ferons au Ministère et aux différentes académies seront représentatifs, et plus nous serons en mesure de peser sur l’amélioration des conditions d’entrée dans le métier pour les futurs stagiaires.
Ce questionnaire est également l’occasion de nous signaler d’éventuels dysfonctionnements qui vous mettent en difficulté ou en situation de souffrance. Le SNALC aura alors à cœur de vous accompagner et de vous conseiller, afin que votre année se termine dans les meilleures conditions possibles.
Nos missions ne se limitent pas à travailler sur le moyen ou le long terme. Nous sommes un syndicat de professionnels, engagé chaque jour dans chaque académie pour aider les collègues face à l’administration, à la hiérarchie ou à tout obstacle lié au métier.
Vous avez jusqu’au 15 mars 2026 pour remplir ce questionnaire et ainsi nous permettre de faire entendre votre voix, en œuvrant pour vous et pour vos futurs collègues.
Suppressions de postes : les calculs sont pas bons, Édouard !

Communiqué de presse du SNALC du 28 janvier 2026
Le SNALC a choisi d’attendre de disposer du maximum d’informations avant de communiquer sur la question des postes de professeurs supprimés dans le budget de l’Éducation nationale.
Lundi 26 janvier, lors du comité ministériel, le ministère a présenté aux organisations représentatives, dont le SNALC, des chiffres dont il a ensuite reconnu le caractère erroné. Nous avons travaillé des heures sur des données inexactes.
En effet, les documents ministériels indiquaient 2 229 « moyens d’enseignements » en moins dans le premier degré public, et 1 803 « moyens d’enseignements » en moins dans le second degré public. Ces chiffres ne correspondent pas à ceux fournis à la représentation nationale, qui sont de 1 891 suppressions dans le premier degré public et 1 365 suppressions dans le second degré public, le reste des suppressions se faisant dans le privé pour arriver aux fameux « 4 000 postes » supprimés.
Le ministère nous a informés oralement le lendemain que des postes manquaient dans les documents étudiés : ceux conservés comme variable d’ajustement par rapport au rendement du nouveau concours. Par exemple, dans le second degré, 438 moyens d’enseignement seraient mis en réserve pour cela, expliquant ainsi le différentiel.
Pour le SNALC, nous avons étudié des documents faux, ce qui ne nous a pas permis d’avoir les échanges attendus lors de l’instance. Nous venons d’être informés par le ministère* que non seulement les moyens qui n’étaient pas indiqués existent bien, mais qu’il a été décidé de les réinjecter dès à présent et de les répartir entre les académies, et non de les garder pour plus tard. C’était la demande du SNALC, qui permettra d’éviter quelques suppressions de postes et mesures de cartes scolaires. Les tableaux qui ont circulé vont donc être modifiés.
Clou du spectacle : les 2 000 postes supplémentaires pour l’école inclusive annoncés par le Premier ministre le 16 janvier dernier ne sont pas au rendez-vous. Sur ces 2 000 emplois, 1 200 emplois d’AESH supplémentaires avaient déjà été annoncés dans le PLF de cet automne. 500 emplois d’AESH supplémentaires ont effectivement été obtenus depuis. Quant aux 300 emplois restants, il s’agit de professeurs pour les dispositifs ULIS qui étaient déjà comptabilisés dans les 4 000 suppressions de postes.
Le SNALC rappelle qu’il défend qu’a minima, on maintienne l’existant afin de profiter de la baisse démographique pour diminuer la taille des classes. Nous rappelons que la France a les classes parmi les plus chargées d’Europe. Nous rappelons aussi qu’en collège et en lycée, quand le nombre d’élèves augmentait, on supprimait déjà des postes : la démographie a bon dos. Les 4 000 suppressions constituent donc une nouvelle attaque frontale contre une institution déjà plongée dans une grave crise. L’incapacité du ministère à produire les bons chiffres n’est que la partie émergée d’un iceberg que le navire « Éducation nationale » a déjà heurté.
* Voir le document de travail modifié (28 janvier 2026)
Statut de fonctionnaire pour les AESH : le chantier va enfin être lancé

Audience du SNALC par le Ministère
Compte rendu du SNALC du 27 janvier 2026
Pour le Ministère de l’Éducation nationale : Madame Anne PADIER-SAVOUROUX, conseillère en charge de l’école inclusive, de la santé psychique et physique et du sport, et Madame Marjorie KOUBI, conseillère en charge du dialogue social et des ressources humaines
Pour le SNALC : Jean-Rémi GIRARD, président national, et Danielle ARNAUD, secrétaire nationale chargée des personnels contractuels
LE THÈME
Telle la pétition qui a déjà recueilli plus de 100 000 signatures, cette audience relève des actions menées dans le cadre de la grande campagne de mobilisation initiée par l’Intersyndicale AESH, dont le SNALC, au printemps 2025. Ces actions sont appelées à se poursuivre jusqu’à l’obtention d’un statut de la fonction publique pour les AESH.
Préalablement à cette rencontre, un argumentaire sur la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH a été envoyé au ministre de l’Éducation nationale.
L’ESSENTIEL
Les AESH réalisent leurs missions pérennes avec le plus grand professionnalisme, exercent un métier devenu une profession à part entière et représentent un maillon essentiel de l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap (ESH).
Le fait qu’elles et ils soient indispensables dans l’école inclusive ne fait plus débat. Pourtant, les quelque 140 000 AESH sont toujours dans une très grande précarité.
Le SNALC demande solennellement la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH.
Le ministre de l’Éducation nationale est ouvert au lancement de rencontres avec les organisations syndicales représentatives, dont le SNALC, portant sur les modalités d’un éventuel statut de fonctionnaire pour les AESH.
LE SNALC A INSISTÉ SUR
- Leur poids dans l’Éducation nationale : un agent sur dix est AESH, ce qui fait des AESH le deuxième métier en termes d’effectifs de notre ministère ;
- Leur rôle dans l’institution qui n’est plus à prouver : sans AESH, pas de compensation pour les ESH et par conséquent pas d’inclusion ;
- L’absence d’un statut de fonctionnaire : alors qu’elles et ils occupent des emplois permanents, qui par définition doivent être occupés par des fonctionnaires, les AESH en CDD ou CDI sont privés des droits attachés à la titularisation (dont la retraite) et d’une véritable carrière avec des perspectives d’évolution professionnelle, sans omettre l’absence d’une pleine reconnaissance d’un métier à part entière ;
- Les temps incomplets (ou temps partiels subis) qui entraînent de facto une paie incomplète : le SNALC défend un temps complet sur la base d’un accompagnement élève de 24 heures hebdomadaires ;
- L’indigence de leur rémunération, conséquence du point précédent : moins de 1000 € net par mois pour la majorité des AESH, ce qui contraint la plupart d’entre eux à avoir un deuxième, voire un troisième emploi pour arriver à un salaire leur permettant de vivre de leur travail ;
- Le refus de missions complémentaires (administratives, de surveillance…) qui ne relèvent pas des activités regroupant les différentes formes d’aide apportées par les AESH aux élèves en situation de handicap définies par la circulaire 2017-084 du 3 mai 2017 ;
- Le fait que les AESH n’ont pas à prendre en charge des élèves à besoins éducatifs particuliers (EBEP) en dehors des ESH ;
- Les conditions d’exercice de leurs missions : droits (congés, absences, formation…) trop souvent bafoués, peur du licenciement ou du non-renouvellement, charge de travail toujours plus intense, modifications récurrentes de l’emploi du temps et/ou de leur(s) lieu(x) d’exercice avec les PIAL ou les PAS ;
- La perte de sens de leur fonction avec l’explosion des accompagnements mutualisés au détriment des accompagnements individualisés, et en l’occurrence l’augmentation du nombre d’ESH à accompagner simultanément, avec souvent autant de situations de handicap différentes ;
- L’absence ou la quasi-absence de formation alors que les AESH accompagnent des élèves avec des handicaps de plus en plus lourds ;
- La complexité des relations avec l’autorité hiérarchique ou/et fonctionnelle : entre silence et mépris de la part de l’administration, les AESH doivent savoir s’adapter pour continuer à remplir leur rôle, mais de plus en plus abandonnent ou craquent carrément, comme en atteste la multiplication des démissions, des demandes de rupture conventionnelle, des congés de grave maladie, des temps partiels thérapeutiques… ;
- Le manque d’attractivité du métier : mais comment pourrait-il en être autrement compte tenu des points précédemment recensés ? Les candidatures seront-elles suffisantes pour pourvoir les 1700 emplois d’AESH (1200 équivalents temps plein du projet de loi de finances pour 2026 déposé à l’automne + 500 supplémentaires avec autorisation de dépense supplémentaire) prévus à la rentrée de septembre 2026 ?
L’AVIS DU SNALC
Même si la liste des dysfonctionnements et des arguments en faveur d’un statut de la fonction publique s’avère si longue qu’elle ne peut être exhaustive, elle est largement suffisante pour démontrer qu’il est urgent d’agir : la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH est absolument incontournable !
La titularisation donnerait enfin aux AESH une protection, une carrière (rémunération, avancement, droits à la retraite…) et une formation statutaire à la hauteur de leur utilité dans l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap.
La dernière proposition de loi visant à créer un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH a été rejetée par le Sénat le mercredi 7 janvier 2026, mais lors des débats, Édouard Geffray a affirmé à plusieurs reprises qu’il n’excluait pas la fonctionnarisation à terme d’une partie des AESH.
Cette volonté de notre ministre nous a été réitérée lors de cette audience et des groupes de travail ministériels sur la création d’un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH devraient se tenir très prochainement.
Le SNALC a bien conscience que ce chantier est colossal, mais toutes les actions menées en faveur d’un statut de la fonction publique pour les AESH finissent aujourd’hui par porter leurs fruits et nous ne pouvons que nous en réjouir !
Référentiels formation des enseignants et CPE : compte rendu du SNALC

Groupe de travail avec les organisations représentatives
Compte rendu du SNALC du 23 janvier 2026
LE THÈME
L’administration présente les toutes dernières versions des blocs 1 (discipline et didactique) de la formation des lauréats du CAPES de mathématiques et de SES, ainsi que du CAPET d’Économie-Gestion. Les blocs 2, 3 et 4, ainsi que le référentiel complet de formation des CPE, sont également abordés.
L’ESSENTIEL
L’administration fait plusieurs annonces :
- Le référentiel de formation des professeurs des écoles sera rapidement adressé aux syndicats, suivis par les 31 autres référentiels. Les organisations disposeront d’une semaine pour transmettre d’éventuels derniers retours.
- Le groupe de travail (GT) du 6 février portera sur la cartographie des ouvertures de formation. La marge de manœuvre sera minime ; les ouvertures de parcours non lauréats seront également abordées.
- Le GT du 18 février sera consacré aux formateurs et tuteurs, avec la question de la certification des formateurs. Les questions RH seront traitées à cette occasion. Un duo EAFC-INSPE viendra présenter le fonctionnement collégial.
- Les maquettes devront être présentées aux étudiants au début de l’année. La DGESIP avait initialement exigé une remontée des maquettes pour fin mars, mais certaines universités ont demandé un délai supplémentaire.
- Le Ministère se tient prêt à organiser les deux concours dès cette année, dès l’obtention d’un budget adéquat.
L’administration présente ensuite la méthode de travail adoptée à partir des demandes de modifications reçues et sollicite des retours sur les dernières versions des référentiels.
LE SNALC A INSISTÉ SUR
Même si des avancées existent, les référentiels ne nous conviennent toujours pas pleinement. La formation des CPE montre que l’administration les considère plus comme des membres de l’équipe de direction que comme des éducateurs et des conseillers. Le recrutement et les entretiens professionnels restent des prérogatives des chefs d’établissement. Ce n’est pas parce que certains chefs délèguent que la formation doit systématiquement en faire l’écho.
Lire que les CPE doivent participer à l’évolution des pratiques évaluatives montre que l’administration méconnaît leur métier.
Les blocs 1, disciplinaires, posent problème : ils limitent les savoirs disciplinaires à ceux présents dans les programmes du lycée. Il y a clairement un manque d’ambition, ce qui risque d’empêcher les professeurs de poursuivre vers l’agrégation ou la recherche.
Lire dans les autres blocs que ces référentiels sont « complémentaires » du référentiel métier est également source d’inquiétude.
Enfin, le SNALC a demandé que, dans le bloc concernant les droits et devoirs, le statut particulier des enseignants soit mentionné, afin que l’on ne se limite pas à la seule qualité de fonctionnaire. Le SNALC a également insisté pour que la notion de liberté pédagogique soit intégrée.
Ces deux dernières demandes ont été retenues par l’administration.
L’AVIS DU SNALC
Ces référentiels témoignent d’un manque d’ambition de la part du Ministère pour ses futurs enseignants. Le SNALC ne peut s’en satisfaire, malgré quelques avancées.






