QUINZAINE UNIVERSITAIRE n°1489 – école

SNALC congres Strasbourg mai 2023 - Photo Philippe Sautier (3)

J-Rémi Girard
Président du SNALC

Alors qu’il n’a généralement que les mots « gouvernance » et « pilotage » à la bouche, le ministère est dans un état de désordre rarement atteint. Et la politique menée s’en ressent.

Côté syndical, ce sont les réunions planifiées, reportées, annulées qui s’accumulent. Ce sont les ordres et les contre-ordres, comme dernièrement sur les heures supplémentaires. Ce sont les dossiers laissés en jachère, et soudain rouverts avec un calendrier intenable. Prenez la réforme du concours et de la formation initiale. Depuis novembre dernier, il ne s’est rien passé. Aucun retour sur les remontées faites par le SNALC. Et là, en 15 jours, sans documents, en n’ayant comme base de travail que la prise de notes que l’on fait à la volée de ce que dit la ministre, il faut conclure. Créer une nouvelle licence, un nouveau master, de nouvelles maquettes de concours, des parcours dérogatoires, des « ENSP » tout en maintenant les « INSPE » durant la transition… Tout ça pour (seulement en partie) défaire ce qui a été fait par Jean-Michel Blanquer cinq ans plus tôt, contre l’avis et les analyses du SNALC, d’ailleurs. Le tout en créant des voies sans issue à l’université, avec une licence de préparation au professorat des écoles (LPPE) qui aura du mal à mener à autre chose qu’au métier de PE. Et que se passe-t-il si l’on n’obtient pas le concours ? La question est ouverte… [Lire la suite]

Afin d’être au plus près de vos attentes et de vous informer au mieux, la revue du SNALC a évolué dès cette rentrée, avec désormais deux numéros mensuels au lieu d’un : l’un centré sur le second degré et le supérieur, et le second sur les problématiques spécifiques de l’école primaire.


Lettre d'information du SNALC - mai 2024 Professeurs certifiés

Lettre d’information du SNALC – mai 2024

Professeurs certifiés

Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur
certifies@snalc.fr
PROFESSEURS CERTIFIÉS :

LE GRAND ENFUMAGE

Paupérisés, flexibilisés, dévalorisés, dépossédés, menacés, voilà les mots qui résument l’évolution de notre statut de professeurs certifiés.

Paupérisés, nous ne gagnons en moyenne guère plus que le SMIC.

Déconsidérés, nous sommes méprisés par la société et par notre institution.

Flexibilisés, nous sommes devenus des tâcherons malléables.

Dépossédés, nous n’avons plus de pouvoirs pédagogiques.

Menacés, nous ne pesons rien face à la puissance des algorithmes appelés à nous remplacer.

Le SNALC ne partage pas le point de vue de ceux qui font mine de s’étonner. La volonté de nos dirigeants, quelle que soit leur couleur, n’est ni une dérive ni un reniement. C’est au contraire un accomplissement rationnel et maîtrisé. Sous couvert de paroles aux consonnances progressistes, il a permis de dégrader notre statut au point qu’aujourd’hui, notre situation est insoutenable. Nous avons été déclassés économiquement, socialement et culturellement.

Le SNALC dénonce cet enfumage. Il s’oppose par la parole et par les actes à la déconstruction de notre statut. Il s’y emploie sans compromission au nom de tous ceux qui le sollicitent et ont comme lui une certaine idée du professorat et de sa dignité.

Je vous propose une analyse du délitement de notre statut. N’hésitez pas à me faire part de vos remarques et retours d’expérience : certifies@snalc.fr

Je vous souhaite une bonne lecture.

Eugénie DE ZUTTER,

Responsable nationale du SNALC pour les professeurs certifiés

PAUPÉRISÉS

L’histoire de notre salaire est celle d’une dévalorisation sans fin. Année après année, nous avons de force été paupérisés.

[…Lire la suite]

FLEXIBILISÉS

Depuis plusieurs années des mesures substantielles ont été prises par l’institution visant à flexibiliser notre statut, c’est-à-dire nous obliger à changer notre façon de travailler. Le but est de faire des économies afin de pallier la pénurie de professeurs.

[…Lire la suite]

DÉVALORISÉS

Nous sommes nombreux à ressentir le peu de prestige associé à notre métier. Longtemps considéré comme ayant une forte valeur sociale et intellectuelle, il est aujourd’hui discrédité par la société et méprisé par l’institution.

[…Lire la suite]

DÉPOSSÉDÉS

Notre marge de manœuvre au sein des établissements a été progressivement réduite.

Notre liberté pédagogique a été amoindrie par la multiplication d’instances concoctées par des personnes qui n’ont jamais enseigné ou qui n’enseignent plus depuis longtemps.

[…Lire la suite]

MENACÉS

Le SNALC s’inquiète de la politique ministérielle visant à développer l’usage des logiciels éducatifs dans toutes les classes. Outre le sujet des moyens hallucinants débloqués pour concrétiser ce dessein, le SNALC s’interroge sur le devenir de notre statut de professeur à moyen terme.

 

[…Lire la suite]

LES 10 RECOMMANDATIONS DU SNALC POUR ÊTRE PLUS FORT AU TRAVAIL

Même si «cela n’arrive qu’aux autres », nous vous invitons à prendre connaissance des 10 recommandations du SNALC : autant d’erreurs à ne pas commettre, de conseils à appliquer, de pièges à repérer…

[…en savoir plus]

POURQUOI REJOINDRE LE SNALC ? AU MOINS 7 BONNES RAISONS

1-L’indépendance du SNALC

2-La représentativité du SNALC

3-Au SNALC, pas de langue de bois

4-Des ressources à votre disposition

5-Avantages SNALC : exclusif pour les adhérents

6-Une vraie assistance juridique avec l’adhésion

7-Le syndicat le moins cher de l’Éducation nationale

[…en savoir plus]

L’ADHÉSION AU SNALC
« Adhésion à zéro euro »

C’est le moment de découvrir le SNALC !

[en savoir plus]

LE SNALC EST LE SYNDICAT REPRÉSENTATIF

LE MOINS CHER DE L’ÉDUCATION NATIONALE

Nos salaires sont trop bas. Le point d’indice est gelé.

Logiquement, le SNALC n’augmente pas ses tarifs pour la 13ème année consécutive.

Et mieux encore : le SNALC baisse ses tarifs dans la plupart des catégories !

Consulter les tarifs et réductions

CHOISISSEZ LIBREMENT VOTRE MOYEN DE PAIEMENT, RAPIDE ET SÉCURISÉ

carte bancaire
prélèvements mensuels
virement
chèque
L’adhésion comprend : l’assistance et la protection juridiques pénales auprès de la GMF (agressions, diffamation…) ; le dispositif exclusif d’accompagnement et d’aide à la mobilité : mobi-SNALC ; et des tarifs négociés auprès de nombreux partenaires : avantages-SNALC.
Écrire au SNALC


Formation initiale : au pas de course et droit dans le mur

Communiqué de presse du SNALC du 7 mai 2024

Ce lundi 6 mai, le SNALC et les autres organisations représentatives étaient reçues, en présence de la ministre, pour enfin échanger la réforme de la formation initiale des professeurs. Cette réunion, qui s’est tenue sans document, ouvre une phase de concertation qui se conclura le 21 mai (!) par un CSA ministériel pour un début de mise en œuvre à la rentrée prochaine. Bref, encore une parodie de dialogue social menée au pas de charge avec un projet déjà largement bouclé, mais plein à craquer de problèmes et d’incohérences.

La méthode est, pour le SNALC, tout à fait inacceptable. Hélas ! Le fond de la réforme présentée contient des éléments tout aussi inacceptables. En effet, comme les réformes précédentes, celle-ci mélange diplôme, formation et recrutement, ce qui va encore créer des horreurs.

Ainsi, le SNALC s’oppose :

  • à l’obligation de rester cinq années dans l’Éducation nationale sous peine de devoir rembourser les 900 euros mensuels d’indemnité perçus lors de l’année de M1 – car oui, on est passé de 1 400 à 900 euros mensuels ;
  • à l’obligation de passer un Master « ENSP » une fois le concours obtenu, plutôt que de laisser le choix du master. Pour le SNALC, on va empêcher les professeurs de se diriger vers la recherche ou vers l’agrégation ;
  • à la logique des « fast track » dans le premier degré qui mettra en concurrence et en rupture d’égalité des candidats issus de licences disciplinaires ayant l’obligation de passer l’intégralité du concours et des candidats issus d’une licence ad hoc (LPPE) pouvant être dispensés de l’ensemble des épreuves écrites.

Alors qu’il était favorable à ramener le concours plus tôt dans le cursus, le SNALC s’oppose donc à une réforme mal pensée, menée au pas de charge, rabotée en termes de rémunération, qui crée des voies sans issue à l’université et qui, par tous les moyens, veut interdire l’excellence disciplinaire.

 

https://snalc.fr/formation-initiale-compte-rendu-de-laudience-du-6-mai-2024/


Formulaire de suivi PE -> Hors Classe ou Classe Exceptionnelle

Toutes les équipes du Snalc Nice sont mobilisées, afin de suivre les dossiers vers la HC et la CE.

Dans le but de demander un suivi personnalisé, vous pouvez compléter le formulaire ci-dessous :

https://snalcnice-ecoles.fr/hors-classe-rentree-2024/


LE SNALC CONTRE LA MODIFICATION DU STATUT DES AGRÉGÉS

Si vous ne voyez pas ce message correctement, consultez-le en ligne.

Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur

snalc.fr - @SNALC_national

LE SNALC CONTRE LA MODIFICATION DU STATUT DES AGRÉGÉS

© istock

Communiqué de presse du SNALC du 6 mai 2024

Le SNALC s’oppose à la modification du statut des agrégés présentée au comité ministériel du 7 mai.

Pour le SNALC, il n’y aucune urgence ni aucun besoin de déconcentrer la carrière des professeurs agrégés. La gestion nationale a, au contraire, de nombreuses vertus, notamment dans l’équilibre entre les disciplines.

Le SNALC votera contre le texte du ministère, qui constitue un énième affaiblissement d’un concours qu’il conviendrait plutôt de valoriser.

 

---------------------------

Contact :

Jean-Rémi GIRARD, président du SNALC, jr.girard@snalc.fr , 06 16 72 86 56

Veuillez me désinscrire de tous les mails envoyés directement par le SNALC


Violence à l’école : encore une concertation de pur affichage ?

© Capture d’écran de la présentation vidéo du ministère sur YouTube le 3 mai 2024

Communiqué de presse du SNALC du 3 mai 2024

Ce vendredi 3 mai 2024, était lancée par le biais d’un direct sur YouTube, la grande concertation sur « le respect de l’autorité ».

Ce temps, suivi par des représentants de l’institution, représentants syndicaux, représentants des parents et élèves, ne laissait place à aucune interaction, pas même dans les commentaires. Le ministère devrait relire la définition du mot « visioconférence » avant de l’employer. Il a en revanche permis à un philosophe, une chercheuse en sciences de l’éducation et un sous-directeur de la DEPP de faire des présentations (celle de la DEPP n’étant pas dénuée d’intérêt – voir ci-dessous).

La ministre a rappelé les pistes déjà envisagées par le premier ministre, et présenté les siennes propres : mesure de responsabilisation au primaire, harmonisation des punitions, pause numérique sans smartphone.

Mais ce temps lançait surtout une concertation qui durera quelques semaines, tout en sachant que des ponts émaillent lesdites semaines et que le premier volet sera surtout réservé aux recteurs, DASEN, inspecteurs et partenaires de l’école.

Comme trop souvent, le SNALC remarque qu’une concertation sur des sujets importants se fait très vite, trop vite. Le calendrier annoncé n’a aucun sens, les DASEN devant rendre leur copie aux recteurs pour le 8 mai au soir (!). Le SNALC rappelle au ministère que le 8 mai est un jour férié.

Comme trop souvent, le SNALC remarque que cette concertation va peu permettre d’entendre les personnels de terrain, et même leurs représentants. Nous avons également noté qu’aucune des pistes envisagées ne semblait requérir de moyens horaires, financiers ou humains. Ce n’est pas avec des discours sur les « bonnes pratiques » qu’on viendra en aide à nos collègues.

Le SNALC fera son travail en représentant les personnels dans ce qui s’annonce déjà comme un grand moment d’affichage politique de com’ creuse.

Vidéo You Tube du 3 mai 2024 – Présentation de la DEPP


Formation continue des enseignants en dehors du service d’enseignement (courrier à la ministre)

Madame Nicole BELLOUBET

Ministre de l’Education Nationale
– CABINET –
110 rue de Grenelle
75357 Paris SP 07

Objet : Formation continue des enseignants en dehors du service d’enseignement

Madame la Ministre,

Je m’adresse à vous au sujet de la formation professionnelle continue des enseignants.

Plusieurs de nos adhérents nous ont signalé avoir été convoqués, à l’initiative de leur rectorat et de l’école académique de formation continue, pour assister à des temps de formation placés en dehors des horaires d’ouverture de leur établissement aux élèves. Cela a été le cas en soirée de 17h à 19h, des mercredis après-midi, ou des samedis parfois.

Ces convocations adressées à nos collègues présentent toutes des caractéristiques de convocations « habituelles ». Elles emploient la même terminologie de « convocation », « ordre de mission », « OM », « cette présente lettre vaut ordre »…

Mais on peut aussi lire sur ces convocations des indications quelque peu contradictoires comme :

  • « je vous invite à participer au stage suivant »;
  • « Si vous ne pouvez pas assister à ce stage, renvoyez cette convocation visée par votre chef d’établissement ou par votre supérieur hiérarchique » en indiquant un « motif légal » ou non légal;
  • « Si vous êtes absent lors de cette formation, vous devez justifier cette absence auprès de votre supérieur hiérarchique et la signaler dans l’application académique Sofia-FMO ».

Afin de lever toute ambiguïté, Madame la ministre, pouvez-vous nous indiquer quelle est la base réglementaire de ces convocations, et dans quelle mesure les enseignants convoqués à ces temps de formation en dehors des horaires d’ouvertures de leur établissement aux élèves sont tenus d’y assister. Leurs absences éventuelles peuvent-elles entraîner des retenues sur salaire pour service non fait ou encore, avoir des conséquences sur l’appréciation ultérieure de leur valeur professionnelle ?

Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre plus respectueuse considération.

Jean-Rémi Girard
Président du SNALC

 


Accord du 8 avril 2024 concernant la protection sociale complémentaire au MENJ, au MESR et au MSJOP

L'accord du 8 avril sur la protection sociale complémentaire pour le périmètre ministériel de l'Éducation nationale, dont le SNALC est signataire, a été publié au journal officiel ce jour : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049486828
Il concerne à la fois la santé (adhésion obligatoire, avec plusieurs options possibles) et la prévoyance (adhésion facultative).
Concernant la mise en place de ce nouveau régime de protection sociale complémentaire par l'opérateur qui aura été choisi dans le cadre du marché public, la date prévisionnelle initiale était le 1er janvier 2025. Elle a été repoussée ensuite de 6 mois lors des négociations et il est possible que plusieurs mois supplémentaires de délai s'y ajoutent.
Le SNALC siégeant dans la commission paritaire de pilotage et de suivi, nous vous tiendrons informés de l'évolution de ce dossier.

Gestion des contractuels : compte rendu du SNALC du 25 avril 2024

© istockphoto_Worawee-Meepian-1321901153
Groupe de travail ministériel
Identification des grands principes applicables à tous les agents contractuels

25 avril 2024

Compte rendu du SNALC

Pour le Ministère :
Florence DUBO, adjointe au directeur général des ressources humaines
Valérie SAIGNE, sous-directrice de la gestion prévisionnelle, de la formation et des affaires statutaires et réglementaires
Nathalie BATTESTI, bureau des études statutaires et réglementaires
Laurent CRUSSON, chargé de mission auprès du directeur général

Pour le SNALC :
Danielle ARNAUD, secrétaire nationale chargée des contractuels
Sylvie CAZAUX, membre du secteur national du SNALC chargé des AESH

THÈME

Identification des grands principes applicables à tous les agents contractuels

L’ESSENTIEL

Les agents contractuels relèvent de dispositifs législatifs et réglementaires spécifiques selon la nature des missions exercées.

L’objectif de cette réunion :

  • identifier les grands principes communs à tous les agents contractuels ;
  • définir les principales thématiques devant être abordées dans chacun des cadres de gestion.

Ces cadres de gestion, en cours d’actualisation (personnels enseignants, CPE et Psy-EN, AED, AESH) ou d’élaboration (ATSS), préciseront, pour chacune des populations concernées, les règles et les bonnes pratiques de gestion :

  • administrative et juridique (recrutement, congés, rémunération…) ;
  • des parcours professionnels (formation d’adaptation à l’emploi, intégration, évaluation individuelle, accompagnement, formation continue, politique indemnitaire…) ;
  • sociale (conditions de travail, action sociale, santé, hygiène et sécurité).

LE SNALC A INSISTÉ SUR…

  • La nécessité d’avoir des cadres de gestion fermes, spécifiques à chaque catégorie de contractuels afin d’améliorer les pratiques locales et de mettre fin aux interprétations défavorables, voire fantaisistes, de certains employeurs
  • Des cadres de gestion qui devront être connus de tous, personnels comme administration locale. A cet effet, ils pourraient être déclinés sous la forme d’un guide national, à l’instar du guide RH AESH national.
  • La nécessité d’ajouter ou d’éclaircir les points suivants :
    • heures de fractionnement, conditions d’exercice, congés (congé pour convenances personnelles…), autorisations d’absence, frais de déplacement, VAE, CPF, action sociale, l’applicatif VIRTUO, les modèles de document relatif au droit à l’information des agents publics…
    • absence de subrogation (notamment pour les AED et AESH nouvellement CDIsés), formalités et prise en charge en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, protection sociale complémentaire…
  • La portabilité du CDI pour les AESH et les AED sur les mêmes fonctions, par absence de catégorie hiérarchique
  • L’urgence à créer une grille indiciaire nationale pour les AED, et ce à partir de la première année de CDD
  • L’insertion de la mention « APSH » dans le cadre de gestion des AESH
  • La réduction des délais de traitement des demandes de documents administratifs de la part des contractuels destinés à la Sécurité sociale, la préfecture, France Travail…
  • L’intérêt qu’aurait l’élaboration d’un panorama statistique spécifique à ces personnels contractuels, avec une ventilation par catégorie pour chaque donnée étudiée.

L’AVIS DU SNALC

Le SNALC a apprécié la tenue d’un groupe de travail destiné à faire un état des lieux des grands principes communs mais également à mettre en exergue les différences entre les règles et pratiques de gestion applicables aux personnels contractuels.

Pour ne prendre que quelques exemples, l’absence de grille indiciaire pour les AED, la persistance des vacations chez les ATSS ou encore la CDIsation au bout de 3 ans de CDD possible uniquement pour les AESH constituent un vecteur d’inégalité de traitement alors que tous ces collègues ont un dénominateur commun : la précarité. Par conséquent, certains contractuels sont encore plus précaires que d’autres et cette précarité est accentuée par une déclinaison académique, voire départementale, de leurs cadres de gestion respectifs.

Le SNALC défend un cadre de gestion national pour chaque catégorie de contractuels, assorti d’un alignement sur le mieux-disant social, c’est-à-dire sur les règles et pratiques non pas les plus avantageuses, car nous restons sur de la contractualisation et donc des agents sans statut de la fonction publique, mais sur les moins désavantageuses de ces différents cadres.

Dans les enjeux de refonte ou d’élaboration de ces cadres de gestion, nous avons noté des intentions que nous ne pouvons que partager :

  • sécuriser (les recrutements, les contrats, les procédures de cessation du contrat) ;
  • définir (une doctrine d’emploi, un cadre de rémunération attractif, les conditions du réexamen de la rémunération) ;
  • garantir (une procédure de recrutement qualitative, transparente et efficiente, les droits des agents) ;
  • former (les néocontractuels, puis tout au long du parcours professionnel) ;
  • accompagner

Mais à cadre législatif et réglementaire donné, comment atteindre ces objectifs ?

Le SNALC a bien conscience qu’un tel travail nécessiterait un temps – législatif, réglementaire, administratif – long, mais encore faudrait-il qu’il existe en amont une volonté politique d’améliorer les conditions d’emploi, de rémunération et de travail des contractuels.

Tous ces groupes de travail consacrés aux personnels contractuels constituent en fait un exercice de forme ou de clarification dans cette « jungle » de la contractualisation, à travers un travail d’écriture ou de réécriture des cadres de gestion.

Si l’écoute attentive et la volonté de prendre en compte nos propositions ont été notables, il n’en reste pas moins que l’ouverture de discussions en vue d’avancées pour les contractuels n’est pas à l’ordre du jour, ce que le SNALC regrette.


Le Figaro TV – Violence des mineurs, l’internat comme solution ?

« L’internat en soi, ce qui existe dans l’Éducation nationale, n’est pas une solution à la violence des mineurs. C’est une solution d’hébergement, avant tout conçue pour des formations qui sont éloignées des élèves. »
Jean-Rémi Girard
Président du SNALC
L’internat revient comme possible solution pour contrer la violence des jeunes, vraie solution ou simple annonce politique ?
Jean-Rémi GIRARD, président national du SNALC (syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur), réagit sur le plateau du Figaro TV le 23 avril 2024

Le figaro TV – Victoire Sikora 
(…) Parmi les solutions évoquées, l’internat, et le moins qu’on puisse dire, c’est que cela fait débat. On va en parler avec Jean-Rémi Girard, président du syndicat national des lycées et collèges. Merci d’être avec nous pour évoquer ce sujet. Comment se caractérise la violence chez les jeunes ? Quelles sont les armes dont disposent les établissements scolaires ? Je pense aux collèges et lycées qui sont en première ligne.

SNALC – Jean-Rémi Girard
Elle est plutôt en augmentation, le nombre d’incidents dans les établissements scolaires, écoles, collèges et lycées est en hausse. Ce n’est pas forcément de l’ultra-violence, mais il y a quand même beaucoup d’agressions verbales, mais aussi d’agressions physiques envers d’autres élèves, mais parfois envers le corps professoral, les personnels de l’Éducation nationale.
Au niveau du SNALC, on pense que c’est déjà important d’utiliser les procédures de l’établissement, en collège et en lycée, c’est le conseil de discipline. La question des exclusions temporaires ou, dans certains cas, des exclusions définitives. Les deux difficultés qu’on a, c’est, d’une part, qu’il y a des élèves qui sont, effectivement, j’allais dire, fondamentalement compliqués à gérer dans le cadre scolaire et que, finalement, on se passe d’établissement en établissement, d’exclusion en exclusion.

Le Figaro TV – Victoire Sikora

Sans forcément régler le problème.

SNALC – Jean-Rémi Girard
Ce sont les poly-exclus. D’autre part, autant on a souvent des capacités d’action vis-à-vis des élèves, autant on en a beaucoup moins vis-à-vis de certaines familles. Les relations avec les parents, c’est absolument essentiel pour arriver à gérer certaines choses.

Le Figaro TV – Victoire Sikora
C’est là où ça coince. On le voit avec ce qui s’est passé à Viry-Châtillon. Parfois cela dépasse le cadre purement géographique de l’établissement scolaire. Là, c’était à proximité de l’établissement scolaire du jeune Chems-Eddine. Donc on comprend bien que l’établissement ne peut pas à lui seul gérer toutes les problématiques de violences qui gravitent autour des élèves. L’internat comme solution à la violence des mineurs, est-ce que vous y croyez ?

SNALC – Jean-Rémi Girard
L’internat en soi, ce qui existe dans l’Éducation nationale, n’est pas une solution à la violence des mineurs. C’est une solution d’hébergement, avant tout conçue pour des formations qui sont éloignées des élèves.

Le Figaro TV – Victoire Sikora
C’est lorsqu’il y a un éloignement géographique.

SNALC – Jean-Rémi Girard
Oui, c’est quand même l’objectif premier de l’internat. Cela peut avoir des vertus éducatives ; il y a souvent des projets éducatifs dans les internats. On peut imaginer des structures, plutôt au niveau de la justice, etc., pour des mineurs qui sont condamnés, qui sont passés devant les tribunaux. Je dirais que ça, c’est autre chose.

Le Figaro TV – Victoire Sikora
Ce sont plutôt des maisons de redressement.

SNALC – Jean-Rémi Girard
J’ai l’impression que quand on a ce discours sur l’internat, on mélange deux choses. On a cette vision un peu fantasmée…

Le Figaro TV – Victoire Sikora
C’est un imaginaire collectif autour de l’internat ?

SNALC – Jean-Rémi Girard
L’internat autoritaire, le pensionnat, il y avait même eu des émissions de télé-réalité autour de ce genre de choses. L’autorité, l’huile de foie de morue. Tout cet imaginaire-là, et ce que sont les internats dans l’Éducation nationale.

Le Figaro TV – Victoire Sikora
Mais qui ont quand même un cadre assez défini, avec des horaires fixes, avec des élèves qu’on côtoie au quotidien, avec lesquels on vit, donc il faut mettre en place du savoir-vivre. Il y a des valeurs intéressantes parmi celles prônées par l’internat et qui pourraient correspondre à ces jeunes.

SNALC – Jean-Rémi Girard
Au SNALC, nous sommes d’accord avec le développement de la politique de l’internat, parce que nous pensons que c’est quelque chose qui peut apporter beaucoup à certains jeunes. Il peut y avoir des cas, mais là, on est dans le cas par cas, on n’est pas dans une politique nationale. Il peut y avoir des cas où c’est plutôt bénéfique pour un jeune, pour un élève, d’être un peu éloigné de son milieu et d’être encadré. Néanmoins, si vous mettez tous les jeunes violents dans le même internat, cela va déstabiliser l’établissement.

« Il y a une chose très intéressante dans ce que dit Gabriel Attal, c’est qu’on a ce grand discours sur le retour de l’autorité de l’école et on comprend que, réglementairement, légalement, il faut l’autorisation de la famille pour mettre un enfant en internat. On ne peut pas séquestrer un enfant. »
Jean-Rémi Girard
Président du SNALC

Le Figaro TV – Victoire Sikora
(…) On parlait d’éloigner les jeunes de cercles compliqués, d’un entourage qui leur serait néfaste. Il y a aussi des familles qui démissionnent, qui n’ont plus les armes pour répondre à une violence grandissante en interne, dans leur propre famille.

SNALC – Jean-Rémi Girard
Certaines, oui. On le croise, on le voit régulièrement dans des réunions parents-professeurs où certains parents sont eux-mêmes assez démunis, dépourvus face à leur enfant. Il y a une chose très intéressante dans ce que dit Gabriel Attal, c’est qu’on a ce grand discours sur le retour de l’autorité de l’école et on comprend que, réglementairement, légalement, il faut l’autorisation de la famille pour mettre un enfant en internat. On ne peut pas séquestrer un enfant.

Le Figaro TV – Victoire Sikora
C’est une décision qui doit être conjointe.

SNALC – Jean-Rémi Girard
Ce n’est pas qu’elle est conjointe, c’est une décision de la famille.

Le Figaro TV – Victoire Sikora
Qui peut peut-être être un peu plus suggérée et, entre guillemets, imposée par certaines instances.

SNALC – Jean-Rémi Girard
Une fois encore, il faut que nous, dans nos établissements, sachions qu’il y a ces solutions d’internat. Je suis dans un lycée d’Île-de-France, je ne suis pas forcément au courant de l’offre en internat dans le département ou dans la région. Et d’autre part, nous serons sur un travail avec des familles elles-mêmes volontaires qui penseront que c’est une bonne idée.Là, on a souvent des difficultés, par exemple, chez les collégiens, ce n’est quand même pas si courant que les parents veuillent ou acceptent que leur enfant de 13-14 ans parte en internat, même si cela pourrait être une solution éducative intéressante pour lui.

Le Figaro TV – Victoire Sikora
Vous le disiez, cela peut déstabiliser des établissements si, du jour au lendemain, des internats deviennent des “maisons de redressement”. C’est ce que souhaitent éviter de nombreux syndicats, c’est le cas notamment du SNES-FSU qui confiait à l’AFP que l’internat devait rester un projet éducatif, c’est ce que vous nous disiez, et non un lieu de redressement. C’est un lieu de socialisation, de réussite scolaire, un vecteur de promotion sociale quand le projet scolaire est réussi, mais cela ne doit pas être un lieu de redressement. On basculerait là-dedans ?

SNALC – Jean-Rémi Girard
Là, on n’est plus sur le même objet. Dans ces cas-là, il faut créer des structures spécialisées avec du personnel spécialisé. On dit qu’on va accueillir des jeunes violents en internat, mais on n’a pas du tout les personnels adaptés pour ça. Il faut des éducateurs spécialisés, des équipes pluriprofessionnelles, des psychologues. Il faut beaucoup plus de personnel.

Le Figaro TV – Victoire Sikora
Visiblement, il y aurait énormément de places disponibles en internat en France.

SNALC – Jean-Rémi Girard
Ça, on va voir avec le ministère, parce que le ministère… Gabriel Attal a sorti des chiffres. On aimerait vérifier ce qu’on appelle des places disponibles, parce que parfois, la notion de place disponible est un peu originale, mais néanmoins, l’objectif de l’internat n’est pas de remplir à 100 %. L’objectif de l’internat, c’est d’offrir une solution aux jeunes.

Le Figaro TV – Victoire Sikora
On parle de dizaines de milliers de places disponibles, même si…

SNALC – Jean-Rémi Girard
On parle de l’ensemble de la France.

Le Figaro TV – Victoire Sikora
C’est important quand même.

SNALC – Jean-Rémi Girard
Oui, mais une fois encore, ce n’est pas forcément un coût pour autant. C’est-à-dire que si on les remplissait à fond, il faudrait peut-être plus d’assistants d’éducation, plus de personnel, il faudrait un personnel plus adapté. Mais on va voir avec le ministère sur cette question des places disponibles en internat, parce qu’il y a peut-être une question aussi d’implantation et de lieu d’implantation des internats. On n’a pas toujours le bâti pour mettre des internats partout.

Le Figaro TV – Victoire Sikora
À Nice, une expérimentation avec 60 jeunes est menée pendant les vacances, avec pour objectif, je cite, “de les remettre sur le droit chemin”. Là, on est sur un internat spécifique, un internat estival, si on peut dire. Ça s’est fait en accord avec les familles. Est-ce que cette formule spécifique pourrait fonctionner ?

SNALC – Jean-Rémi Girard
J’ai l’impression que c’est plus de la communication politique qu’un vrai projet de société. Pendant 15 jours, pendant les vacances, vous allez être en internat, une sorte de mini-Service national universel, une sorte de mini-SNU. J’ai vu les images, pourtant, très généralement cadrées de Gabriel Attal, qui travaille beaucoup sa communication. Ça ne donnait pas spécialement envie. Les jeunes étaient extrêmement peu motivés.

Le Figaro TV – Victoire Sikora
On parle de restauration de l’autorité, c’est bien qu’elle ait été fissurée.

SNALC – Jean-Rémi Girard
Oui, bien sûr. Au bout de ces 15 jours, vont-ils avoir appris quelque chose et vont-ils changer de comportement ? On peut en douter.

Le Figaro TV – Victoire Sikora
Ce sujet pose beaucoup de questions. Ce sera l’occasion de venir éclaircir ces points, notamment les différentes places en internat en Île-de-France. On aura l’occasion, j’imagine, d’en rediscuter ensemble. Merci, Jean-Rémi Girard, de nous avoir évoqué ce sujet.

« …c’est plus de la communication politique qu’un vrai projet de société. Pendant 15 jours, pendant les vacances, vous allez être en internat, une sorte de mini-Service national universel, une sorte de mini-SNU. J’ai vu les images, pourtant, très généralement cadrées de Gabriel Attal, qui travaille beaucoup sa communication. Ça ne donnait pas spécialement envie. Les jeunes étaient extrêmement peu motivés. »
Jean-Rémi Girard
Président du SNALC


Privacy Preference Center