POUR QUE LES GROUPES AIENT LA CLASSE
Mise en œuvre du « choc des savoirs »

Cela n’aura échappé à personne : le SNALC est favorable à la création de groupes afin de lutter contre la difficulté scolaire et faire progresser tous les élèves à leur rythme.

Dans la logique du SNALC, il ne s’agit cependant en aucun cas de « tri social » ou de stigmatisation de quiconque. Nous appuyons nos réflexions sur le rapport PISA1 et sur des études réalisées à propos de différents systèmes scolaires2. Ces analyses montrent que, si les classes de niveaux ne fonctionnent pas, l’enseignement de disciplines comme le français et les mathématiques par groupes de niveaux est en revanche un facteur de progrès pour les élèves.

Nous avions donc élaboré un projet prévoyant deux types de groupes à partir de la 5e – et non trois à partir de la 6e comme celui du Ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse – évolutifs à chaque fin d’année, voire exceptionnellement durant l’année scolaire. Ainsi, le collège modulaire du SNALC3 était conçu pour donner aux élèves plus en difficulté un cadre favorable -effectifs réduits- et du temps pour progresser. Dans notre projet, il était impératif de fixer par un texte réglementaire, ces effectifs à un maximum de quinze. Le ministère s’est gardé d’une telle précision, réduisant ainsi à néant le principal intérêt de la mesure.

Dès les premières discussions sur l’organisation choisie par le Ministère pour mettre en place les groupes au collège, le SNALC a constaté combien elle différait de son projet et a mis en garde contre les dangers évidents qui découlent quasi-exclusivement de la volonté d’aligner toutes les heures de toutes les classes de chaque niveau en français et en mathématiques pour permettre une évolution des groupes à tout moment de l’année. Les conséquences de ce parti pris sont délétères  :

  • Le rôle de professeur principal devient intenable pour les collègues de ces disciplines ;
  • Les progressions devront être alignées au détriment de la liberté pédagogique des professeurs;
  • Si le nombre de groupes est supérieur au nombre de collègues d’une discipline, les petits BMP risquent de se multiplier avec des collègues sur trois établissements ;
  • Les services des professeurs de français et de mathématiques vont presque obligatoirement désormais comporter une classe de chaque niveau – contrainte inacceptable ;
  • Les emplois du temps des professeurs de français et de mathématiques très rigides ;
  • Les heures de français et de mathématiques devront être positionnées en priorité et corsèteront les emplois du temps pour les autres disciplines.

Pour le SNALC, l’heure n’est donc plus, hélas, à interroger la pertinence des “groupes de niveaux” ou “groupes de besoins” et dans quelle mesure ils sont susceptibles de faire progresser les élèves.

Il s’agit désormais d’étudier comment empêcher que cette réforme mal pensée détériore encore les conditions de travail des collègues de collège.

En conséquence, comme en 2015-2016, au moment de la réforme du collège, nous vous proposons un vademecum non institutionnel pour contourner au mieux les effets pervers prévisibles de la réforme de 2024.

Sébastien Vieille
Secrétaire national du SNALC chargé de la pédagogie