Audience sur la rentrée à l’Assemblée nationale le 20 septembre 2023

COMMISSION DES AFFAIRES CULTURELLES : TABLE RONDE SUR LA RENTRÉE SCOLAIRE RÉUNISSANT DES REPRÉSENTANTS DES SYNDICATS REPRÉSENTATIFS D’ENSEIGNANTS
20 septembre 2023
Compte rendu du SNALC
THÈME
Audition des syndicats représentatifs par la commission des affaires culturelles et de l’éducation (après celle du DGESCO le matin), autour du thème de la rentrée scolaire dans les premier et second degrés.
L’ESSENTIEL
Le SNALC a insisté sur deux points essentiels : la crise de recrutement, liée à la crise d’attractivité, aux traitements et aux conditions de travail. L’école inclusive, portée à bout de bras par les personnels et qui n’est plus tenable.
LE SNALC A INSITÉ SUR…
- La crise de recrutement : nous venons de vivre les deux pires années en termes de postes non pourvus. Les enseignants sont mal payés, on ne peut continuer ainsi à faire des mesurettes ou lâcher des miettes, immédiatement absorbées par l’inflation.
- Une loi de programmation pluri-annuelle pour avoir des perspectives, rémunérer enfin correctement les enseignants et redonner de l’attractivité à nos métiers.
- Une formation continue sur le temps de service, qui ne se rajoute pas à la charge de travail actuelle (43 heures par semaine en moyenne).
- Le pacte : perçu comme choquant par les collègues, à juste titre, vu la situation de crise. Comment oser ressortir la vieille ficelle du travailler plus pour gagner plus ? Il est indispensable d’avoir un rattrapage inconditionnel dans lequel on reverse l’enveloppe budgétaire du pacte.
- Le fait qu’on ne peut poursuivre l’école inclusive sans consulter les personnels, sans tenir compte des difficultés de plus en plus importantes que rencontrent les enseignants et AESH. L’école inclusive se résume à des mesures quantitatives avec des petits bouts d’accompagnement. Avant de faire un acte 2, il est plus que nécessaire de faire le bilan de l’acte 1.
- Un statut de fonctionnaire pour les AESH et une véritable politique salariale, pas des miettes et de la communication qui ne trompe personne.
- La réforme du lycée professionnel, qui menace de nombreux collègues.
- Les directeurs d’école qui ne sont absolument pas aidés malgré la loi Rilhac. Les charges administratives et les missions continuent à s’entasser sans que rien ne change vraiment.
- Le fait qu’on ne sait toujours pas ce que le ministère veut faire du collège, sinon avoir acté la folle suppression de la technologie en sixième.
L’AVIS DU SNALC
Il y a urgence à agir. L’École, qui est un pilier indispensable de la République, est en danger. Le SNALC alerte la représentation nationale sur le fait que la situation est très dégradée et que les personnels sont épuisés et découragés. Le ras le bol face à une communication qui tourne à vide et dont personne n’est dupe n’est plus tenable. Il est temps pour les députés de saisir l’ampleur et la gravité du problème.
Au-delà de ce compte rendu centré sur le fond, le SNALC, avec l’ensemble des organisations représentatives, a quitté cette audience après des prises de paroles inacceptables venant de trois députés [En savoir plus : Des députés insultent les élus du personnel]
Lire aussi :
Lettre d'information SNALC - 19 septembre 2023 Professeurs agrégés de classe normale
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Lettre d'information SNALC Personnels de direction - 19 septembre 2023
| Lettre d’information SNALC Personnels de direction – 19 septembre 2023 |
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| @ : perdir@snalc.fr – site : snalc.fr |
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Le SNALC est représentatif pour tous les personnels de l’Education nationale : il siège au CSA ministériel. |
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| Crédits images : dans les articles en lien |
Enquête du SNALC: Le Pacte dans les collèges et lycées généraux et technologiques
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Attractivité du métier d’enseignant : audience du 19 septembre 2023

Audience bilatérale sur l’attractivité du métier d’enseignant
Compte rendu du SNALC
THÈME
Échange entre le SNALC et le ministère (avec présence du ministre) suite à la réunion du 13 septembre
L’ESSENTIEL
Le SNALC a présenté ses priorités et ses propositions sur la question de l’attractivité, et donné ses positions sur certains sujets complémentaires proposés par le ministère.
Les grands points abordés ont été la rémunération, la carrière, les mutations, le recrutement, la formation, les conditions de travail.
LE SNALC A INSITÉ SUR…
- Le nécessaire rattrapage salarial, qui n’a toujours pas été réalisé. Les mesures de l’an dernier sont insuffisantes et le SNALC défend une programmation pluriannuelle, qui pour une fois n’oublie pas les collègues en deuxième et troisième tiers de carrière, afin de reconstituer un vrai déroulé de carrière. Le SNALC a apporté ses analyses sur les problèmes liés aux rendez-vous de carrière (critères, avis pérenne…)
- La nécessité de retrouver des possibilités de mutations pour les collègues. Le mouvement est de plus en plus bloqué, dans le second comme dans le premier degré. Les différentes mesures prises (mouvement en deux phases, suppression des compétences des commissions paritaires, suppressions de postes…) ont dégradé considérablement la mobilité. Non seulement cela peut décourager des étudiants de passer le concours, mais cela décourage aussi des contractuels. Le SNALC a rappelé le nécessaire respect des statuts, comme par exemple celui des agrégés, insuffisamment pris en compte pour muter en lycée.
- La nécessité d’une entrée progressive dans le métier, avec des périodes d’observations et de pratique accompagnée en école/établissement. Le SNALC s’est toujours opposé au positionnement du concours en fin de M2 et aux stagiaires à temps plein devant élèves. Les démissions de stagiaires, plus nombreuses chaque année, nous donnent raison.
- Son opposition totale à la politique que le ministère est en train de mettre en place sur la formation continue, qui serait à terme à 100 % hors du temps devant élève. C’est une dégradation objective des conditions de travail, une augmentation objective de la charge de travail. Comment ose-t-on faire ça à un métier qui est déjà en crise ?
- La réduction de la taille des classes, qui est une nécessité pour retrouver le plaisir d’enseigner. Le SNALC est aussi revenu sur la politique de l’école inclusive, ainsi que l’état pitoyable du bâti scolaire (et ses conséquences, notamment en matière de températures).
L’AVIS DU SNALC
Le SNALC constate que le ministère prend le temps d’écouter, mais nous jugerons aux actes. Sans des mesures salariales fortes, on n’arrivera non seulement pas à résorber la crise des recrutements, mais on risque même de l’aggraver par une rapide augmentation des départs volontaires. Le ministre est désormais au courant de la situation : nous saurons très vite si l’École est une réelle priorité ou si, une fois encore, ce n’est que de la com’.
Le SNALC continuera également de porter sa proposition de rattrapage salarial via une loi de programmation pluriannuelle auprès des députés ce mercredi.
École inclusive : compte rendu de la réunion du 18 septembre 2023

ÉCOLE INCLUSIVE
Compte rendu de réunion ministérielle
18 septembre 2023
THÈME
Point global sur l’école inclusive
L’ESSENTIEL
- Formation : veiller à permettre plus de formations pour les AESH. Groupe de travail dès ce mois-ci.
- Accompagnement humain.
- Autres mesures destinées à améliorer l’accessibilité de l’École : attribution d’un numéro INE à chaque élève.
- Mesures liées à la conférence nationale du handicap : il n’est pas prévu de fusionner les fonctions des AESH et des AED, mais de créer un nouveau cadre d’emploi d’ARE sur une base volontaire [Note du SNALC : on sait comment ça se termine, ces choses-là…].
- Calendrier pour une mise en œuvre à la rentrée 2024, avec des groupes de travail tout au long de l’année :
- Mise en œuvre progressive des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS), visant à remplacer les PIAL, à partir de la rentrée 2024, sur 3 départements.
- Cahier des charges des PAS travaillé entre octobre 2023 et mars 2024.
- Déploiement d’un parcours de formation lié à la mission du pacte sur l’école inclusive [Note du SNALC : maintenant, il faut signer le pacte pour être formé…].
- Nouvelle circulaire travaillée pour publication en juin 2024.
- Projet de publication du cadre d’emploi des ARE au printemps 2024.
- Travaux pour la mise en place de 100 structures médico-sociales dans les murs de l’École à l’horizon 2027.
LE SNALC A INSITÉ SUR…
- La gestion budgétaire de plus en plus inhumaine de l’École inclusive.
- La maltraitance institutionnelle envers les AESH, mais aussi envers les personnels enseignants. Un point d’alerte encore plus fort sur l’école primaire, où les collègues sont de plus en plus démunis.
- L’absence de reconnaissance de la charge de travail supplémentaire créée par la politique de l’école inclusive (avec un point de vigilance supplémentaire sur les professeurs principaux).
- La nécessité d’un bilan des PIAL, qui n’a toujours pas été fait alors même que ces derniers sont source de dysfonctionnements
- La création d’un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH.
- Sa demande de ne pas suivre la conférence nationale du handicap, qui veut fusionner les métiers d’AED et d’AESH. C’est une insulte lancée à la face de ces deux métiers.
- La nécessité de créer une instance partenariale incluant les syndicats représentatifs. Aujourd’hui, la politique de l’École inclusive se fabrique sans les personnels, qui sont pourtant ceux qui la mettent en œuvre.
- Un point d’alerte sur les structures spécialisées et le manque de places disponibles.
L’AVIS DU SNALC
On ne peut continuer ainsi. La politique de l’École inclusive est en train d’exploser sous nos yeux. Elle crée une grande souffrance chez les personnels comme chez les élèves et les familles car elle est de moins en moins centrée autour des besoins réels des élèves en inclusion. Le SNALC a alerté depuis longtemps sur cette situation.
La gestion des AESH comme leur rémunération est une honte, et ce n’est pas en les déprofessionnalisant — comme le suggère la Conférence Nationale sur le Handicap (CNH) — que l’on va arranger les choses. Les PIAL doivent être abandonnés. La réponse du ministère sur le « statut d’emploi d’ARE », fût-elle volontaire, est choquante. C’est une sorte de chantage : pour que des AESH puissent travailler à temps plus complet, il leur faudrait changer de cadre d’emploi et élargir leurs missions. Le SNALC demande qu’on améliore le métier d’AESH, pas qu’on le mette en concurrence avec un autre.
Pour le SNALC, il est impératif d’inclure les représentants des personnels dans la définition de la politique de l’École inclusive : ils en ont toujours été exclus jusqu’à présent. C’est le seul moyen pour que l’ensemble des acteurs prenne conscience des difficultés concrètes des personnels de l’Éducation nationale, de la souffrance au travail créée, des burn-out provoqués…
Si le projet est de décliner les annonces de la Conférence Nationale sur le Handicap, qui ont été faites sans aucune concertation avec les personnels de l’Éducation nationale, le SNALC mettra en débat dans ses instances nationales sa participation à ce processus.
Dans le Primaire, des contes à dormir debout

Il était une fois, dans le 1er degré sous contrat, deux mythes contés au coin du feu, bien pratiques pour faire faire des heures en plus, non rémunérées, aux professeurs des écoles.
Le premier conte narré pour les endormir, appelé « Veillée d’août de charité », était qu’une journée de pré-rentrée supplémentaire, le jeudi 31 août cette année, devait avoir lieu mais qu’elle n’était pas décomptée des 108h. On ne peut que comprendre les directeurs et directrices, les réunions sont des moments tellement palpitants et pleins de joie ! Se fait-on payer pour un loisir ?
Pourtant, l’arrêté du 15 décembre 2020 indique que « pour les enseignants, deux demi-journées (ou un horaire équivalent), prises en dehors des heures de cours, pourront être dégagées, durant l’année scolaire, afin de permettre des temps de réflexion et de formation sur des sujets proposés par les autorités académiques ».
Il s’agit donc d’une possibilité et non d’une obligation. Surtout, il s’agit bien de formation. Ainsi, cette journée de pré-rentrée supplémentaire n’en est pas une mais doit en revanche être décomptée des 108h et plus précisément des 18h qui sont dévolues à la formation en leur sein. Comme le rappelle le Conseil d’Etat à ce sujet, il n’existe pas de catégorie fourre tout en dehors des 108h ou des 24 heures de cours hebdomadaires.
24h ? Car oui, il s’agit du deuxième conte, « La 25ème heure », et il est bien meilleur que le précédent. Dans l’enseignement privé sous contrat, les professeurs des écoles, ces nantis, devraient faire bénévolement une heure de cours de plus hebdomadaire que leurs homologues du public, soit 25h. Cette étrange coutume faite pour honorer les enseignants de primaire est malheureusement illégale. En effet, les agents publics que sont les professeurs des écoles du privé sous contrat sont régis par le décret n°2008-775 du 30 juillet 2008 et par la circulaire n° 2013-019 du 4-2-2013 qui sont les mêmes que celles de leurs collègues du public et qui stipulent qu’ils doivent faire 24h de cours devant élèves. C’est leur statut.
Nous invitons donc tous nos lecteurs à informer leurs collègues du caractère légendaire de cette 25ème heure de cours. Oui, le chagrin sera grand chez certains, mais que voulez-vous, il faut bien dire aux grands enfants qui entretiennent ces contes que le Père Noël n’existe pas.
Nous rappellerons en conclusion de ce récit que chaque collègue qui accepte de travailler sans être payé nuit à l’ensemble du métier et contribue à sa détérioration. Nous sommes des salariés et des professionnels. Il existe un grand nombre d’associations ayant besoin de bénévoles, ce que nous ne sommes pas.
Loin des fables, le SNALC privé vous accompagnera pour faire cesser ces contes à dormir debout. Ces mensonges vous volent du temps et de l’argent. Nous ne pouvons le tolérer.

Rentrée 2023 : Des chantiers importants (Et il y a du boulot!)
Pour le SNALC, avec les annonces de l’été et les réformes qui se mettent en place, beaucoup de difficultés nous attendent et beaucoup de luttes sont à mener. Des exemples dans cette vidéo. Les vidéos concernant le PACTE, c’est ici:
• Le Pacte dans le premier degré
• Le pacte enseignant est dangereux
CPF – OUVERTURE D’UNE NOUVELLE CAMPAGNE jusqu’au 16/10/2023
CPF – OUVERTURE D’UNE NOUVELLE CAMPAGNE jusqu’au 16/10/2023
La campagne est ouverte du :
lundi 11 septembre au lundi 16 octobre 2023 inclus
Toutes les informations sont sur Esterel Nice.
Les demandes de mobilisation au CPF sont à formuler depuis le lien ci-dessous :
Le Snalc est à votre disposition pour toutes questions.
France Inter – fin des textes à trous et plus d’écrits, nouvelles recommandations de Gabriel Attal !

Gabriel Attal, qui publie […] une tribune dans le journal Le Monde intitulée “Je crois aux forces de l’écrit” […], demande notamment l’abolition des textes à trous et la mise en place d’un test de rédaction à l’entrée de la 6e…
Jean-Rémi Girard, président du SNALC, réagit sur France Inter le 15 septembre 2023
France Inter
L’abolition des textes à trous et un test de rédaction à l’entrée en 6e, le ministre de l’Éducation veut mettre le paquet sur l’écrit à l’école. Nous serons en ligne avec Jean-Rémi Girard, président du SNALC, le syndicat national des lycées et collèges. Ça tombe bien, il est professeur de français. On parlera de cette longue lettre, de cette longue tribune publiée par Gabriel Attal dans le journal Le Monde.
[…]
Autour de 200 postes restent à pourvoir dans les collèges et les lycées, dit aujourd’hui Gabriel Attal, 155 à l’école primaire, ajoute le ministre de l’Éducation nationale. De quoi au moins étonner les syndicats d’enseignants. Lundi, dans un sondage réalisé auprès de 500 établissements, il manquait en moyenne un enseignant dans la moitié des collèges et des lycées, mais selon le ministère, cette étude ne distingue pas les postes non pourvus des absences ponctuelles des professeurs qui ont vocation, je cite, à être remplacées rapidement. Gabriel Attal, qui publie par ailleurs ce soir une tribune dans le journal Le Monde intitulée “Je crois aux forces de l’écrit”, fait un clin d’œil à peine voilé à la fameuse phrase de François Mitterrand. Dans ce texte, Gabriel Attal répond à la lettre ouverte publiée il y a quelques jours dans le même journal par de nombreuses personnalités, dont des écrivains, qui lui demandaient précisément de redonner à l’écrit ses lettres de noblesse. Le ministre de l’Éducation nationale demande notamment l’abolition des textes à trous et la mise en place d’un test de rédaction à l’entrée de la 6e, ce qu’il a d’ailleurs répété également lors d’un déplacement dans une école primaire de l’Eure-et-Loir. Aujourd’hui, que faut-il en penser ? On pose la question à Jean Rémi Girard. Bonsoir.
Jean-Rémi Girard
Bonsoir.
France Inter
Vous êtes le président du SNALC, le syndicat national des lycées et collèges. Vous êtes vous-même professeur de français, donc j’imagine que vous êtes sensible à cette initiative du ministre, plus de textes à trous dans les apprentissages au cours moyen et au collège, dit Gabriel Attal, qui demande que cela s’applique dès cette année. Vous comprenez cette recommandation, Jean Rémi Girard ?
Jean-Rémi Girard
Non, pas particulièrement. D’une part, il y a quand même la liberté pédagogique des enseignants qui est garantie par la loi, donc ce n’est pas le ministre dans une tribune qui peut venir changer quoi que ce soit à cela. Ensuite, les textes à trous, ce n’est pas forcément la panacée, et effectivement, ce n’est pas une très bonne idée d’en abuser probablement, mais très ponctuellement, ce n’est pas forcément complètement idiot. Enfin, une fois encore, le ministre de l’Éducation nationale, son rôle n’est pas de venir faire ponctuellement une recommandation pédagogique à des enseignants qui, je vais le dire, connaissent leur discipline mieux que lui.
France Inter
Le ministre, qui avait déjà demandé il y a quelques jours 2 heures par jour consacrées à la lecture en CP ainsi qu’un texte écrit par semaine en CM2, interfère trop dans le travail des enseignants. En gros, c’est ce que vous nous dites ?
Jean-Rémi Girard
Ça fait beaucoup d’écumes médiatiques en fait, parce que c’est très joli de dire ça, ça ne va pas forcément changer les pratiques dans les classes où l’on fait lire les élèves en CP étonnamment et où l’on fait écrire les élèves en CM2. Maintenant, il faut voir dans quelles conditions on le fait. C’est-à-dire que le CM2, ce sont souvent des classes qui sont très chargées, ce sont souvent des classes qui peuvent être de plus en plus difficiles avec beaucoup d’adaptation individuelle à faire avec des élèves qui ont différents plans d’accompagnement. Effectivement, les enseignants font, j’allais dire, ce qu’ils peuvent et ils ne vont pas forcément être aidés par une nouvelle injonction par semaine qui leur tombe dessus. Si on veut faire un travail sérieux, et nous, au SNALC, on est prêt à faire un travail sérieux sur les programmes de français. Et bien justement, il faut qu’on travaille sur les programmes, puisque c’est le texte commun à tous les enseignants de France, donc travaillons sur les programmes, voyons s’il y a des choses qui peuvent être améliorées, à partir de là, on peut travailler sur la formation initiale des enseignants et essayer d’avoir de la formation continue parce qu’on n’en a pas beaucoup dans ces domaines-là, mais ça ne sert à rien de faire une grande tribune dans Le Monde pour dire “on va interdire les textes à trous”, ça n’a pas d’intérêt en fait.
France Inter
Le ministre, toujours dans cette tribune, dit également qu’il veut créer dès cette année un double concours national d’écriture pour les élèves en fin de primaire, en fin de collège, et même un pour les enseignants, dont je le cite, “le talent mérite d’être mieux reconnu.” Qu’en dites-vous ?
Jean-Rémi Girard
Alors, pour les élèves, il y a déjà des tas de concours d’écriture qui existent, ce n’est peut-être pas la peine d’en créer un nouveau. Pour les enseignants, s’ils veulent reconnaître notre talent, moi je pense qu’une augmentation salariale serait plus justifiée qu’un concours. Accessoirement, mes collègues et moi avons déjà passé un concours, on n’a pas besoin de faire un concours d’écriture pour l’Éducation nationale, de toute façon, on n’a pas le temps.
France Inter
À bon entendeur pour l’augmentation de salaire. Merci beaucoup. Jean-Rémi Girard, président du SNALC, merci d’avoir répondu aux questions de France Inter.
