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Groupe de travail consacré aux AESH

Compte rendu du SNALC du 15 juin 2026

LE THÈME

« AESH – Création d’un corps »

Réflexions sur les missions et le temps de travail

Propos liminaire du SNALC

Le SNALC souhaite revenir brièvement sur le premier groupe de travail sur la création d’un corps pour les AESH, qui s’est tenu le 20 mai dernier.

Nous avons été extrêmement choqués par la présentation proposée par le « document de travail ». Ce dernier n’avait pas été envoyé avant la séance et s’appuyait sur un rapport de l’inspection générale non publié. Les éléments qui nous ont été soumis relevaient davantage d’un plan de communication et de coupes budgétaires que d’un « état de la recherche ». Je cite certains des éléments présentés, qui ont été autant de gifles pour les personnels AESH :

  • « approche portée sur l’adaptation collective de la classe plutôt que sur l’aide individualisée »
  • « inefficacité de l’accompagnement humain individuel sur les apprentissages »
  • « l’« effet écran » constitue un frein au développement des apprentissages »

Il en va de même sur les considérations proposées sur l’objet même du groupe de travail, et présentées comme des vérités pré-établies :

  • « Pourquoi la fonctionnarisation générale est écartée par la mission ? »
  • « maintenir le recrutement contractuel pour répondre aux besoins variables »
  • une création d’un corps vue comme un « risque de rigidification administrative »

Pour le SNALC, nous ne devons plus revivre ça. Ce groupe de travail est là pour travailler ensemble aux modalités de création d’un corps, et non pour dénigrer le travail des collègues ou pour poser comme préalable que la fonctionnarisation ne pourrait concerner qu’une minorité d’AESH.

L’ESSENTIEL

Cette rencontre avec le Ministère fait suite au groupe de travail du mercredi 20 mai concernant la création d’un corps de fonctionnaire pour les AESH.

Dans le cadre de l’exercice à temps complet (1 607 heures annuelles), le Ministère souhaite confier de nouvelles missions aux AESH, basées notamment sur les métiers de l’accessibilité dans le champ de l’école inclusive, en valorisant l’expertise des AESH et leur rôle d’appui auprès des acteurs internes (Éducation nationale) et externes (Médico-social).

Par conséquent, l’administration propose un volume horaire hebdomadaire de 36 heures : 24 heures pour les missions actuelles d’accompagnement et 12 heures pour les nouvelles missions.

Cette durée hebdomadaire devrait prendre en compte des temps d’organisation de l’activité (préparation, déplacements, échanges avec les familles) et le temps dédié à la formation continue.

Par ailleurs, la durée du travail pourrait être étendue sur 42 ou 43 semaines (contre 41 actuellement) afin d’atteindre un temps complet.

Enfin, la pénibilité des conditions d’exercice des AESH a été abordée à partir de données statistiques les concernant : observations de l’évolution professionnelle, des démissions, licenciements, abandons de poste et absences pour raison de santé, réalisées sur la période 2020-2025.

L’administration rappelle que cette réunion constitue une étape de travail et que plusieurs groupes de travail complémentaires sont prévus dans les semaines et mois à venir. Le prochain a été annoncé pour la semaine du 6 juillet. Il devrait permettre d’objectiver les missions invisibles et les enjeux d’affectations : temps de concertation, temps de déplacement, temps de préparation et d’échange avec les familles et formation continue.

LE SNALC A INSISTÉ SUR

Nous avons rappelé les attentes fortes des AESH en matière de reconnaissance professionnelle, d’amélioration des conditions de travail et de sécurisation des parcours.

Toute évolution statutaire doit répondre prioritairement aux difficultés rencontrées aujourd’hui par les AESH : rémunérations insuffisantes, temps incomplets subis, manque de formation, charge de travail croissante, difficultés de recrutement par manque d’attractivité du métier.

Concernant les nouvelles tâches identifiées par l’administration pour les AESH afin de construire un futur métier à temps complet, le SNALC a alerté sur la notion d’expertise attendue de ces personnels (alors qu’il est envisagé un corps de fonctionnaire de catégorie B) ainsi que sur l’élargissement très important du périmètre de leur domaine d’intervention et la cohérence entre les missions proposées et la réalité du terrain. Par ailleurs, parmi les missions supplémentaires envisagées, plusieurs relèvent de la compétence spécifique des AED, CPE, enseignants, enseignants référents, Psy-EN, personnels de direction…

À la lecture de certaines tâches proposées, on a même cru percevoir le retour de la fusion AESH/AED pour créer des assistants à la réussite éducative (ARE).

Parmi les nouveaux domaines d’intervention proposés, nous avons également souligné certaines contradictions comme celle consistant à demander aux AESH d’intervenir dans des actions de sensibilisation et de formation interne sur les besoins éducatifs particuliers et le handicap alors que les besoins de formation des AESH eux-mêmes demeurent extrêmement importants !

À ce titre, le SNALC demande une véritable formation initiale, une formation continue renforcée et l’accès à des formations spécialisées pour les AESH.

Enfin, la plupart des nouvelles interventions des AESH se dérouleraient soit auprès de l’ensemble des élèves soit auprès des Élèves à Besoins Éducatifs Particuliers (EBEP), les éloignant de facto du cœur de leur métier. Le SNALC en a d’ailleurs profité pour demander une définition claire et précise des EBEP.

En ce qui concerne les missions des AESH référents, le SNALC a rappelé qu’elles sont définies réglementairement par l’article 1 de l’arrêté du 29 juillet 2020 et qu’il conviendra de clarifier les attentes pour ces personnels si un corps de fonctionnaires était effectivement créé. Et ce d’autant plus qu’il existe déjà des abus avec les AESH référents, car contrairement à ce qu’indique le cahier des charges 2025 des PAS, en annexe de la circulaire « déploiement des PAS » du 1er septembre 2025, ils n’ont pas vocation à assister le coordonnateur de PAS dans la mise en place des accompagnements. Les AESH référents, comme les AESH ne doivent pas se voir confier des tâches ne figurant pas dans les textes qui leur sont applicables (prise en charge d’élèves non notifiés par exemple). Or, trop de remontées de terrain vont dans ce sens.

Concernant le temps de travail, le SNALC a demandé la reconnaissance du travail « invisible », c’est-à-dire du temps consacré aux tâches exercées hors temps d’accompagnement, la prise en compte de la pause méridienne et l’octroi à tous les AESH des jours de fractionnement.

Enfin, le temps de travail estimé pour mener à bien ces nouvelles missions est très largement sous-évalué.

Concernant la pénibilité du travail des AESH, le SNALC a attiré l’attention sur l’augmentation des démissions (notamment depuis 2023/2024), les difficultés de recrutement et les nombreux départs précoces de ces personnels. Nous avons demandé une analyse approfondie des causes de ces départs, notamment des démissions.

Quant aux absences pour raison de santé, le SNALC a signalé que beaucoup d’AESH renonçaient à un congé maladie entre autres parce que la subrogation n’existait pas encore.

Lors de ce deuxième groupe de travail, le SNALC a réitéré sa demande que les APSH soient intégrés dans les points expertisés et les réflexions conduites lors de la poursuite des travaux en vue d’un éventuel statut de fonctionnaire.

Enfin, le SNALC a profité de cette réunion pour interpeler le Ministère sur les avenants adressés aux AESH qui subiront un passage de leur PIAL en PAS à la rentrée 2026. En effet, des AESH se voient imposer un élargissement important de leur périmètre géographique d’intervention et certaines formulations apparaissent comme des injonctions à signer, voire des menaces de licenciement sont exercées pour faire pression sur les AESH afin qu’ils signent au plus vite…

Le SNALC a demandé au Ministère d’intervenir auprès des rectorats pour que de telles pratiques cessent, d’autant plus que les PAS n’ont toujours pas d’existence légale alors qu’ils sont déployés à marche forcée par l’Éducation nationale ! Le SNALC en a d’ailleurs profité pour alerter l’administration sur plusieurs difficultés observées dans le cadre du déploiement des PAS.

Le SNALC a donc demandé à la DGRH de sécuriser juridiquement les procédures, de rappeler les rectorats à la prudence et de veiller au respect des droits des AESH.

L’AVIS DU SNALC

L’administration a réaffirmé sa volonté de travailler sur la reconnaissance du métier, les contraintes liées à l’exercice des missions, la charge mentale et physique, la construction d’un futur cadre statutaire. Toutefois, tout en prenant acte de cette volonté ministérielle d’engager une réflexion sur la création d’un corps de fonctionnaires pour les AESH, les travaux ne doivent pas se réduire à redéfinir leurs missions en les élargissant et par conséquent à augmenter leur temps de travail.

La multiplication des domaines d’intervention et la diversité des tâches supplémentaires envisagées pour les AESH risquent clairement de les éloigner de leur métier, à savoir accompagner des élèves en situation de handicap, et d’absence de réponse à leur revendication de professionnalisation de ce métier.

Il ressort manifestement une volonté de mettre plus largement à contribution les AESH à travers les nouvelles fonctions que le Ministère souhaiterait leur confier en passant de la compensation du handicap à l’accessibilité pédagogique. Cette évolution est matérialisée par le passage des PIAL, ne prenant en charge que les élèves en situation de handicap, aux PAS, chargés de tous les EBEP.

Cependant, ce changement de logique ne devra pas se faire en sacrifiant à nouveau les AESH, en leur imposant de « travailler plus pour gagner plus » et/ou en créant une nouvelle profession aux missions plus ou moins définies, car les enjeux budgétaires sont un des éléments déterminants de ce changement d’approche de l’inclusion scolaire.

Le SNALC y veillera !

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